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Archive for octobre 2012

 

« Tout, j’ai tout recueilli de toi: miettes, fragments, poussière, traces, suppositions, accents restés dans la voix d’autrui, quelques grains de sable, un coquillage, ton passé imaginé par moi, notre futur supposé, ce que j’aurais voulu de toi, ce que tu m’avais promis, mes rêves d’enfant, la passion que j’ai éprouvée pour mon père quand j’étais petite, certains refrains niais de mon enfance, un coquelicot au bord d’une route poussièreuse. [*] On ne peut pas trahir comme ça, en coupant le fil. Sans même que je sache où repose ton corps. Tu t’es remis à ton Minos, que tu croyais avoir dupé, mais qui à la fin t’a englouti. C’est comme cela que j’ai déchiffré des épitaphes dans tous les cimetières possibles, en quête de ton nom aimé, sur lequel au moins je pourrais te pleurer. Tu m’as trahie deux fois, et la seconde, c’est en me cachant ton corps. [*] Moi je t’ai fait sortir d’un labyrinthe, et toi tu m’y as fait entrer sans qu’il y ait pour moi d’issue, pas même ultime. Car ma vie est passée, et tout m’échappe sans la possibilité d’un lien qui me rattache à moi-même et au cosmos. Je suis là, la brise me caresse les cheveux et je chancelle dans la nuit, parce que j’ai perdu le fil, celui que je t’avais donné, Thésée. »
(Antonio Tabuccchi: Lettre au vent)

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Lecteurs

 

« Mes lecteurs sont des lecteurs de commencements – c’est-à-dire des lecteurs parfaits. »
(Macedonio Fernandez)

Comme je voudrais pouvoir en dire de même des miens! (à supposer qu’il y en ait, en espérant qu’il y en a…)

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« Personne ne saura jamais à partir de quel secret j’écris et que je te le dise n’y change rien. »
(Derrida : lettre à Geoffrey Bennington)

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J’ai fini, je descends la terre lentement,
Je m’enfleuve de vase au-delà de la haine,
Dans la lointaine vase se trainent mes derniers bras
Et mon regard roulant, onde morte, recrée
Un grand pays muet, sur son eau refermé.
C’est fini, je descends dans la mort sans un cri,
Couché dans le sommeil des grandes choses vraies. »
(Armand Robin)

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« Ma vie, ma vie, tantôt j’en parle comme d’une chose finie, tantôt comme d’une plaisanterie qui dure encore, et j’ai tort, car elle est finie et elle dure à la fois, mais par quel temps du verbe exprimer cela? »
(Samuel Beckett: Molloy)

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Non, Maryse, non…

(extraite de « Porte mangée 27 »)

J’ai essayé, une fois, deux fois, trois, je ne sais plus… En vain. Un peu plus tard peut-être, pour l’heure les mots sont noués et pauvres, je les maudis, n’ai plus confiance en eux, rendrais gorge à tout ce qui – de par ce qu’ils portent et dissimulent, et au-delà – n’est pas pensée de toi, du chant des tes baleines, du jardin touffu et précis s’éparpillant en paysages que l’on n’oubliera pas, de la rousseur du chat et de l’épaule éblouissante, des portes qu’il nous faudra, tu m’entends, que l’on rouvre un jour, de ces mesmoires enchâssant un futur auquel l’on avait, envers et contre tout, besoin de toujours et encore croire, pour que tu cesses – dans cette pénombre que j’ai vue, puis entrevue plus sèche – de sourire à cette bouche déclose qui fait don de dispersion, que tant je voulus cogner ou effacer, mais qui, éperdument, nous a, une fois de plus, pris de court…
« Son secret n’est pas là. Il a éclos sur ta tige, suzerain, comme si l’adieu qui, pourtant, le précédait, ne devait jamais se faire entendre. »

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« C’est ça, la relance de la littérature: un jeu de vessies et de lanternes où on vous dit que vous êtes maître ès lanternes à l’instant où vous commencez à comprendre qu’il n’y a que des vessies… »
( Pierre Michon)

Il a tout compris, cet homme-là, vous dis-je, TOUT…

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