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Archive for mars 2013

Vive Cabu!

Nous sommes quelques-uns à nous être rendus compte, en observant à la dérobée quelques moues pincées, voire dégoûtées, que Cabu est devenu « politiquement incorrect » dans certains cercles, signe des temps, misère des temps…
Eh ben moi je me gêne surtout pas de dire son fait à un gros beauf raciste, antisémite, xénophobe, islamophobe, anti-Rom aujourd’hui, anti-ceci ou anti-cela depuis toujours et anti-tout en fait, et qu’il soit ouvrier ou paysan (et Dieu sait qu’il y en a, hélas!) ne change rien à l’affaire…Caresser les « classes populaires » dans le sens du poil, renoncer à toute pédagogie, pis encore, à ses valeurs et convictions pour quelques voix ou bruyantes approbations au zinc, cela ça s’appelle « démagogie populiste », ceux d’en face (la droite extrême et l’extrême-droite) en jouent plutôt bien, c’est une partition qu’ils connaissent par coeur, celle des boucs émissaires, celle du « c’est de leur faute à eux », c’est-à-dire « tous sauf nous », ce n’est surtout pas sur ce terrain qu’il convient de les battre…J’habite pas les beaux quartiers (oh que non!), j’bouffe pas du caviar à la louche dès le petit déj’, je ne fais en rien partie de ce que Mr. Copé, Mr. Guaino ou la blonde oxygénée, avec la délicatesse et le sens de la nuance qui les caractérisent, appellent la « gauche milliardaire », et puis ce que je pense des mous et flous qui nous gouvernent (traîtres tout court, car leur coller « social » devant est une insulte à ce que ce beau mot signifie) est de notoriété publique, et pas d’aujourd’hui. Mais je dis que maintenant ça suffit, que c’est à force de « comprendre », « expliquer », « excuser » ceux « d’en bas » (comme il est de bon ton de les appeler, travestissant le mépris en compassion de pacotille, les coups portés en fausses caresses, les ricanements en fielleuses acquiescements au pire), de les conforter parfois dans leurs clichés, préjugés et errements que l’on est arrivé où nous en sommes…
Si parler « cru et dru » c’est aller dans ce sens, je n’en suis pas: j’espère du fond du cœur qu’il n’en est rien, qu’il n’en sera jamais rien, ni maintenant, ni jamais…

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Je quitterai l’appartement de Brasilia vers 15h (heure française) et, si tout se passe bien, je franchirai le seuil de celui de Montmartre demain vers 16h30 (au plus tôt): plus de vingt-cinq heures d’aller vers un aéroport et de retour d’un autre, d’enregistrements, d’attentes, de vols, de correspondances et de contrôles des bagages à main et de police, un vrai parcours du combattant, mais j’ai l’habitude et, surtout, ça en vaut – oh combien! – la peine…
J’aime de toutes mes fibres ce continent qui m’a appris (depuis longtemps déjà, et entre mille autres choses) que le fait « d’appartenir à… » – et de s’accepter pour ce que l’on est, mieux encore, s’en revendiquer – n’est en aucune manière un mal en soi, pour peu que l’on comprenne une fois pour toute qu’il s’agit de passages, et non d’essences, qu’il peut, doit même y avoir apport, rajout, concrétion d’identités et d’appartenances nouvelles venant enrichir et parfaire les précédentes, sans à aucun moment gommer, nier ou faire taire celles-ci… Ce fut, et j’en suis heureux, le cas en ce qui me concerne, heureux que je suis d’avoir tôt compris que, tant au dedans que vis-à-vis d’autrui, elles n’ont de sens que si sans désemparer elles copulent, se répondent, échangent et se conjuguent sans s’affronter ou même s’ignorer (et je peux vous dire qu’ici, ça marche – pas toujours, pas partout, pas en toute circonstance, loin s’en faut, gardons-nous d’idéaliser! – mais, globalement, ça marche, surtout en comparaison avec ce mien Vieux Continent où cela fonctionne de moins en moins, ou plus du tout…)
Et si j’aime ces lieux, j’aime encore plus les gens qui, au sens vrai, les habitent, leur donnent couleur, vibration et âme, ces gens (je l’ai déjà dit, je le sais, tout comme je sais que je le redirai, parce qu’il s’agit pour moi de quelque chose de vraiment essentiel) qui sont de partout, mais pas de nulle part – ce qui n’est pas, croyez-moi, mais alors là pas du tout la même chose…

 

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« – King Lear: Dost thou call me foul, boy?
– Fool: All thy other titles thou hast given away; that thou wast born with. »
( King Lear, I, 4)

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« La maison au bord de la rivière » que les hommes du clan – dont je suis – ont, avec mon appui, bénédiction et pleine participation (bien que souvent à distance), fait construire loin de la « casa grande » pour abriter nos festins et libations en compagnie de celles des nos femmes que ne rebutent pas la viande grillée au charbon de bois, la bière à flots et les blagues pas toujours d’une subtile et sulpicienne élégance…(et puis il suffit de quelques marches à descendre pour se rafraîchir les idées, et pas seulement elles…)

 

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« La perfection du poème ne tient pas à son fini. Elle se mesure plus probablement à la conscience familière qu’il engage, qu’il éprouve aussi bien, de son imperfection, celle qui l’équipe au point de faire de lui l' »ondoyer », l' »osciller » même. Faire le défait. Le poème d’Andrea Zanzotto est éminemment efficace, c’est à dire lucide sur ce point. Ou encore, grandement éveillé, scrupuleusement lancé, parfaitement dégrisé. Sa douce ironie nous rappelle au passage – le poème en est chaque fois l’attestation – un fait notoire : qu’il y ait monde et déjà quelque chose touche et menace, de toujours. En conséquence, poésie est la pensée qui perçoit, scrute et dispose via la langue (et par tous les moyens) cette étrange conjonction. »
( Pierre Parlant à propos d’Andrea Zanzotto)

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« C’est une des charges de notre temps que d’exposer l’écrivain à une sorte de honte préalable. Il faut qu’il ait mauvaise conscience, il faut qu’il se sente en faute avant toute autre démarche. Dès qu’il se met à écrire, il s’entend interpeller joyeusement : – Eh bien, maintenant tu es perdu. – Je dois donc cesser ? – Non, si tu cesses, tu es perdu. Ainsi parle le démon qui parla aussi à Goethe et fit de lui cet être impersonnel, dès sa vie au-delà de lui-même, impuissant à sombrer parce que ce pouvoir suprême lui avait été retiré. La force du démon est que par sa voix parlent des instances très différentes, de sorte que l’on ne sait jamais ce que signifie le Tu es perdu. Tantôt c’est le monde, le monde de la vie quotidienne, la nécessité d’agir, la loi du travail, le souci des hommes, la recherche des besoins. Parler quand le monde périt ne peut éveiller en celui qui le parle que le soupçon de sa frivolité, le désir, du moins, de se rapprocher par ses paroles de la gravité du moment en prononçant des mots utiles, vrais et simples. Tu es perdu signifie : Tu parles sans nécessité, pour te soustraire à la nécessité ; parole vaine, infatuée et coupable ; parole de luxe et d’indigence.Je dois donc cesser! – Non, si tu cesses, tu es perdu.»
(Maurice Blanchot: Le livre à venir)

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