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Archive for mai 2013

 

Je me suis du coup mis à penser au « motif sur le tapis« , celui que Manguel rappelait à notre bon souvenir, à savoir « la formule inventée par Henry James pour désigner le thème récurrent qui parcourt l’oeuvre d’un auteur, sa signature secrète« , et, allez savoir pourquoi, j’ai senti que j’étais plus que jamais dans le vrai en disant que celui que j’ai cru avoir deviné comme faisant corps avec Bolaño n’est en RIEN celui que certains vrais amis de son oeuvre, hélas, et presque tous les faux, pointent du doigt…

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En rentrant de l’antre écarlate des « cannibales », je décidai de descendre à Palais Royal et de me payer une bonne ballade sous les arcades de la rue de Rivoli jusque chez W.H.Smith (and Sons); sans le savoir, et encore moins le vouloir, je tombai, près de la statue toute dorée (et pour l’occasion fleurie) d’une paysanne lorraine dont l’action et la tragique fin il y a presque six siècles avait autant à voir avec la bande de troglodytes qui l’entouraient que lui-même avec une retraite au flambeaux du Klan: troglodytes, eh oui, fossiles en croûte, et plutôt deux fois qu’une, soutanes à foison, bannières bleues fleurdelisées, dames avec d’énormes crucifix entre des seins qu’on ne saurait voir, messieurs bien mis fleurant (bon?) la particule, la gentilhommière en Anjou ou dans l’Berry et la chasse à courre, le peu de miliciens à béret à qui la faucheuse prêtait encore vie ( pour peu de temps on l’espère!), des jeunes filles à jupes plissées et chaussettes blanches et de jeunes gens, cheveu ras, oeil clair, blazer bleu et allure martiale, prêts à tout pour faire renaître le Vieux Pays trahi de ses cendres, voir la fille aînée de Notre Sainte Mère l’Eglise Catholique, Apostolique et Romaine enfin débarrassée des métèques, youtres et autres mécréants qui la souillent, et préparer le retour du bon Roy qui la ramènera dans le droit chemin de la Tradition et de l’Ordre (naturel, comme il se doit)
Oh, Bonne Mère!

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« Il a souri, m’a-t-il semblé, mais les hommes sourient toujours quand ils ne comprennent rien. »
( Giovanni Papini: Le miroir qui fuit)

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« Je mets un tableau sur le mur. Ensuite, j’oublie qu’il y a un mur. je ne sais plus ce qu’il y a derrière ce mur, je ne sais plus qu’il y a un mur, je ne sais plus que ce mur est un mur, je ne sais plus ce que c’est qu’un mur. Je ne sais plus que dans mon appartement, il y a des murs, et que s’il n y avait pas de murs, il n’y aurait pas d’appartement. Le mur n’est plus ce qui délimite et définit le lieu où je vis, ce qui le sépare des autres lieus ou les autres vivent, il n’est plus qu’un support pour le tableau. Mais j’oublie aussi le tableau. Je ne le regarde plus, je ne sais plus le regarder. J’ai mis le tableau sur le mur pour oublier qu’il y avait un mur, mais en oubliant le mur, j’oublie aussi le tableau.[…] Les tableaux effacent les murs. Mais les murs tuent les tableaux … »
(Georges Perec)
Comme il nous manque, celui-là, comme il nous manque!

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Rassurant, par les temps qui courent, de voir que mêmes les plus grands peuvent dire ( enfin, à notre sens) d’énormes, comment dire, ah, conneries (merci beaucoup, je cherchais le mot!)…

(Au CENTQUATRE (Paris 19ème), atelier 2, 17 heures, le 15 juin 2010 -il ne s’agit pas d’une transcription littérale):

« Vot’serviteur:
La première question m’a été suggérée par un assez court, mais beau chapitre de «Quichotte & fils» consacré à «Marelle» de Cortazar et qui m’a du coup rappelé la phrase de Vila-Matas affirmant que «Les détectives sauvages» « classe l’affaire historique et géniale de ce monument des lettres sud-américaines » ( le verbe «classer» n’étant absolument pas à prendre, comme il l’a précisé par la suite, dans le sens de «nier», «dépasser» et encore moins «effacer», mais bien dans le sens de clore un chapitre pour un ouvrir un autre)…Je suis un lecteur fidèle et attentif de votre oeuvre et je me suis étonné, alors que vous vous intéressez si bien et tant aux écrits des autres, qu’il n’y ait, à ma connaissance, pas une ligne consacrée à l’auteur des «Détectives…»: ma question, en rien innocente en ce sens, est donc: quel regard portez-vous sur l’oeuvre de Roberto Bolaño?

Julian RIOS:
Je vais vous répondre franchement et, pour des raisons que vous allez comprendre, assez brièvement. J’étais à un congrès d’écrivains en Allemagne et une critique anglaise m’a posé la même question; j’ai répondu que je ne l’appréciais pas beaucoup, je trouve que ses livres sont mal écrits, qu’il n’a aucun style ( et l’on sait l’importance que j’y attache), en bref, que je n’aime pas beaucoup ( je précise d’ailleurs que ma consoeur s’est exclamée, satisfaite: «enfin quelqu’un qui partage mon opinion sur lui!»). Plusieurs jeunes écrivains espagnols qui apprécient Bolaño, mais pour lesquels je suis un peu le père, le grand aîné, m’ont poussé à le lire, j’ai commencé justement par «Les détectives sauvages» et vraiment je n’ai pas pu, ça n’a pas fonctionné… »

Ben mazette!

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Il y a quelque deux ans de cela, quelqu’un m’a demandé si je connaissais des noms d’écrivains nés la même année que moi (au moins trois…).
Je répondis que c’était facile, qu’il s’agissait de surcroît de gens que, dans des optiques, pour des raisons et de manières différentes, j’aimais beaucoup, et citai (par ordre alphabétique): Tony Duvert, Pierre Michon, Patrick Modiano et Christian Prigent (c’est, on peut le vérifier, rigoureusement exact!)
J’ajoutai que lorsque je serai grand, je voudrais être un peu comme eux. De qui avait posé la question, je n’entendis plus jamais parler…
Conclusion logique: on ne fout la paix qu’aux fous (z’avez vu l’homophonie, hein, tous les espoirs me restent permis…)

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« Perché, luce, ti ritrai da me nelle cose guardate e più addentro ancora nelle altre non vedute? Chiusa la storia, cancellata la persona, perso o vinto l’agone? »
(Mario Luzi)

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