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Archive for octobre 2013

Boudeur?

 

D’Arthur, de ses foulées, ce feu en moins, ce réel à bâtir, plus sournois que ses plis et ses doubles, couteau entre les yeux, rumeur qui desserre, pas à pas, nœud à nœud, s’appropriant sans hâte le multiple, comme si ce deuil précoce en annonçait d’autres, comme si le sort, avec ses renvois et ses hâbleurs, s’acharnait à lui arracher le consentement qui fit s’agenouiller affûts et pesées sur son passage…

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« Je suis fils de l’homme et de la femme, d’après ce qu’on m’a dit. Ça m’étonne… Je croyais être davantage. » (Ducasse)

« Monde sans repères abolissant l’heure au gré des rencontres et de la chance, les galeries, les passages avec leurs impasses, leurs ramifications aboutissant à une improbable agence de voyage ou à une librairie d’occasion, ce ciel plus bas, plus proche, fait de vitres sales et de frises où des figures éperdument allégoriques offrent leurs guirlandes à ce regard distant et docilement fixe, refusant de faire le pas qui pourrait l’éveiller… »
( par et avec Cortazar)

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« Il n’y a que les esprits légers pour ne pas juger sur les apparences. Le vrai mystère du monde est le visible, et non l’invisible. »
(Oscar Wilde: Le Portrait de Dorian Gray)

Allez expliquer ça aux zélateurs, thuriféraires et licteurs des trois grandes religions monothéistes, et vous m’en direz des nouvelles…

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Nauro MACHADO (IV)

 

LE MONSTRE

L’alphabet ne rend personne heureux.
Les lettres ne savent rien de l’infini.
Dormir avec les chèvres c’est bien mieux,
aveugle des deux yeux,
en s’abreuvant aux seins de la rivière.
(Nauro MACHADO – traduction: André Rougier)

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Avec sa dévastatrice ironie, Borges nous glissait négligemment quelque part que tout homme cultivé est un théologien, et que pour l’être, point n’est besoin d’avoir la foi.
Wittgenstein évoquait à son tour (en ironisant aussi? en l’élogiant? en la fustigeant? en constatant simplement?) « la grammaire comme théologie« .
Si l’on pouvait croire à la transitivité universelle – et non pas confinée aux sévères mathématiques – cela voudrait dire, ou bien que tout homme cultivé est un grammairien (oh, le cauchemar!) ou alors que tout grammairien est un homme cultivé (ce qui est à l’évidence monstrueusement faux, « j’ai les noms« , comme disait le regretté Coluche…)
Il n’en est heureusement rien, on peut dire qu’on l’a échappé belle…

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L’avenir est passé

 

« Un jour, peut-être, lirez-vous ce message. Ou pas. Puisque tout sera déjà consommé, cela n’aura de toute façon plus d’importance. Car si la vie pouvait être autre qu’elle ne fut, elle en viendrait à effacer le temps, la succession des causes et des effets qui sont sa trame même, et cela ne se peut. Et mes cartes ne peuvent changer ce qui, se devant d’être, a déjà eu lieu. »
(Antonio TABUCCHI – traduction du fragment: André Rougier)

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« E.M.Forster imagina, dans Aspects du roman, tous les romanciers de toutes les époques en train d’écrire en même temps à la table d’une bibliothèque avec toute la littérature à leur disposition. Une idée, bien sûr, qui s’oppose à la notion d’histoire littéraire ou de progrès, à l’idée de linéarité et de hiérarchie; tout élément du passé peut être utilisé comme s’il était neuf… »
(Ricardo Piglia: Le dernier lecteur)
Mais c’est ce qu’ils font dans la réalité, ce qu’ils ont toujours fait, tous, y compris et surtout ceux qui croient ou à qui on fait croire qu’ils inventent à tout coup! Pierre Michon, à son inimitable façon, ne disait pas autre chose:
« Je ne retourne à rien, je continue. Je laisse en moi continuer ce qui s’est toujours passé en littérature, et comment pourrait-il en être autrement? La table rase est une bêtise, nous avons lu, [*] nous écrivons sur et avec la littérature universelle, nous ne passons pas par-dessus. Nous imitons, oui, comme on l’a fait depuis le début, nous imitons passionnément et en même temps passionnément nous n’imitons pas: chaque livre, à chaque fois, est un salut aux pères et une insulte aux pères, une reconnaissance et un déni… » (Le roi vient quand il veut)

 

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