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Archive for décembre 2013

 

« L’auteur n’est pas mort, mais se poser comme auteur, c’est occuper la place du mort. »
(Giorgio Agamben)

 

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Ah, le « surécrit« …Si je comprenais ce que ce terme à la mode veut dire (ce qui n’est pas tout à fait le cas), je dirais qu’à ce compte-là il s’applique tout à fait à une bonne partie de l’oeuvre de Flaubert! (pour ne pas parler de noms d’à peine moindre consistance, et il y en a quelques-uns, jusqu’à nos jours, Gracq, Laporte, des Forêts, Combet, Michon, et j’en passe…) J’ai souvent regretté qu’il n’ait pas vraiment écrit son « livre sur rien« , celui qui tiendrait debout par la seule force du style, car pour moi l’écrivain digne de ce nom vaut essentiellement par la qualité de son écriture, pas moins que le bon boulanger par la qualité de son pain, le bon potier par celle de ses vases et le bon menuisier par celle de son travail du bois (Dame, ai-je dit une bêtise???)
Prétendre que je ne m’intéresse pas du tout, ou très peu, au « sujet« , au « contenu » ( oh le vilain mot dans ce contexte!) serait effrontément mentir; s’il y a de bons sentiments, des pensées profondes (et, de préférence, originales), d’intenses quêtes spirituelles, un véritable engagement dans la vie de la cité, j’y suis attentif, sensible souvent, admiratif parfois, j’en qualifierais même les auteurs, dans l’ordre des cas susnommés, de bisounours émérites, d’authentiques philosophes, de mystiques « habités », de fins politiques, en aucun cas – S’IL N’Y AVAIT QUE CELA – de « vrais » écrivains, ah ça non, jamais!

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Manuscrit de Hölderlin

 

« Un poète peut tout supporter. Ce qui équivaut à dire qu’un homme peut tout supporter. Mais ce n’est pas vrai: un homme ne peut supporter que peu de choses. Supporter vraiment. En revanche, un poète peut tout supporter. Nous avons grandi avec cette conviction. Le premier énoncé est juste, mais il mène à la folie, à la ruine, à la mort. »
(Roberto Bolaño: Appels téléphoniques)

Qu’il s’applique à tous, partout et toujours, nous n’en savons rien, à vrai dire: mais qu’importe, puisque nous savons (oh ça oui!) vers quoi et vers où – presque inexorablement s’agissant de « vrais » poètes, soit (à notre sens, mais cela peut se discuter) ceux pour qui le langage est outil, et non pas matériau – cela entraîne…

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Drôle d’époque, où la critique des textes « surécrits » (les noms de Gracq, des Forêts, Combet, Michon – et de plus loin, ceux de Delteil, de Hardellet – sans oublier Char ou Dupin s’agissant de poésie, ayant été cités, l’on voit bien à quel point ceux qui les ont évoqués savent peu, bien peu de quoi ils parlent…) va de pair avec l’exaltation des croisés du bannissement de la métaphore, à laquelle toute écriture digne de ce nom est par essence redevable et se doit de lui donner sa place – rien que sa place, mais toute sa place…
Drôle d’époque où parfois les mêmes poètes sont dénoncés par certains comme d’affreux « lyriques » (sans préciser bien entendu avec quelle définition du lyrisme, car il y en a tellement que celui qui voudrait y mettre un peu de clarté et de rigueur se sentirait à coup sûr et d’emblée perdu!), alors que d’autres leur reprochent au contraire de se cacher derrière les mots, d’obstinément se refuser à exhiber leurs tripes, comme si la poésie se devait d’être cet improbable et sinistre fruit de la copulation de l’étal de boucher et de la table de dissection…
Drôle d’époque où tout se passe comme si « l’arte povera« , courant qui mérite tout notre respect, mais qui pour les plasticiens n’en est qu’un parmi tant d’autres, s’imposerait à qui écrit comme la règle absolue, immuable, inviolable…
Drôle d’époque, mais il en eut d’autres, bien pires, alors…
Lorsque les voix évoquées dans ce qui précède se seront tues, d’elles-mêmes conscientes de l’inanité et de la vanité de leurs propos ou (ce qui est, hélas, bien plus probable) qu’elles auront été enfin confondues, la littérature, la vraie, celle que la durée toujours impose en tordant le cou aux fausses valeurs, restera, elle, cette littérature même dont – pour ne prendre que deux exemples, et en nous limitant aux vivants – Pierre Michon et Michel Deguy sont pour nous (avec bien d’autres, dont beaucoup de jeunes) l’incarnation et la quintessence…

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Si toutes les routes ne mènent nulle part, comment ne pas faire fausse route?
(détenteurs de « la vérité », révélée ou non, cyniques encartés, revenus de tout mais pas du Rien, zélateurs du Dieu Un, donneurs de leçons et fanatiques à la petite semaine et de tout bord, passez votre chemin et abstenez-vous de répondre, on ne sait que trop ce que vous allez dire, et je n’ai VRAIMENT pas envie de vous entendre!)

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Alberto CAEIRO

 

Se depois de eu morrer, quiserem escrever a minha biografia,
Não há nada mais simples
Tem só duas datas — a da minha nascença e a da minha morte.
Entre uma e outra cousa todos os dias são meus.

Si, après ma mort, l’on voulait écrire
ma biographie, rien de plus simple.
Deux dates à peine: ma naissance, mon trépas.
Entre les deux nuits et jours m’appartiennent.

(Alberto CAEIRO – traduction : André Rougier)

[Note de novembre 2013: ceux qui comprendront que c’est également vrai en ce qui concerne le traducteur auront TOUT compris.]

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« La répétition et le souvenir sont un même mouvement, mais dans des directions opposées. Car ce qui est rappelé à la mémoire est du passé, est répétition dirigée vers le passé, tandis que la répétition proprement dite est un phénomène de mémoire dirigé vers l’avenir. »
(Sören Kierkegaard)
Pas tout à fait certain s’agissant de politique, car – à lire la prose de certains camarades – l’on s’aperçoit sans peine que la répétition peut également, hélas, être tournée vers le passé…

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