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Archive for avril 2014

« L’avenir est rare, et chaque jour qui vient n’est pas un jour qui commence ».
(Maurice Blanchot)
Un avenir sans commencements, c’est proprement insupportable, et c’est pourtant celui que la jeune génération voit se dresser devant elle. Qu’on en soit arrivé là, certains de la mienne s’en croient (et on les en rend), à tort ou à raison, en partie coupables. Mais, vrai ou faux (sans doute un peu les deux, comme toujours), cela n’exonère en rien nos cadets des responsabilités dont ils croient parfois pouvoir s’affranchir au nom de la supposée « mort des grands récits et des idéologies » (ça va un peu mieux depuis quelque temps, d’accord, d’accord…), mortifère ineptie, car, plus on la martèle, plus on les enterre, au profit et pour la plus grande joie de la seule qui ne dit pas son nom, qui n’admet même pas en être une et qui, pour notre malheur à tous, tient le haut du pavé depuis les années’80…

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jlb

 

« Decirse adiós es negar la separación, es decir: Hoy jugamos a separarnos pero nos veremos mañana. Los hombres inventaron el adiós porque se saben de algún modo inmortales, aunque se juzguen contingentes y efímeros. »

« Se dire adieu, c’est nier la séparation, c’est dire: on joue à prendre congé aujourd’hui, mais nous nous retrouverons demain. Les hommes inventèrent l’adieu parce qu’ils s’éprouvent quelque part immortels, bien que se sachant incertains et éphémères. »
(Jorge Luis Borges – traduction: André Rougier)

 

a r

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Il est des lecteurs qui, bien qu’étonnamment indulgents vis-à-vis de mes élucubrations, se plaignent parfois de n’y point voir mon coeur, ou mes tripes, ou les deux. Je réponds toujours aussi humblement que fermement que pour moi, la poésie, et la littérature en général (l’écrit pour faire « englobant ») ne relèvent ni de la table de dissection ni de l’étal du boucher, en les incitant à y regarder à nouveau, et mieux, et alors, qui sait, peut-être…

 

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r c Rafael Cadenas

 

« Si quelqu’un me touche, c’est seulement moi qu’il touche, ce moi orgueilleux, qui ne laisse pas franchir son cloître, et non cet autre quelqu’un informe, vaste, neutre, qui agit dans l’obscurité.
Tu blesseras celui que tu peux blesser, celui qu’il n’importe pas de défendre, celui qui n’est rien.
Tu ne feras de mal à personne, tu feras du mal à ce personne qui me bouche le passage.
Ne crains rien. C’est mon gardien qui souffre. Celui qui doit se détacher comme un fruit que j’ai cultivé, dont j’ai usé et que je laisse. [*] »
(Rafael CADENAS: Celui qui est, tiré du recueil « Fausses manoeuvres« )

S’intéresser à des poètes, vénézuéliens de surcroît, qui écrivent comme ça vient en sortant d’où ça doit sortir, dans une langue « maîtrisée, tenue et jouissant d´être tenue« , selon les sobrement fermes termes de Michon, vous n’y pensez pas! Au risque d’être une fois de plus la risée des avant-gardes défricheuses ou corsetées, j’avoue y penser, plus qu’à mon tour – ne penser qu’à eux, même…
Car – avouons-le – entre cette pure merveille et des textes-jeux où l’on s’escrime à bâtir des vers de 247 caractères (ou plus, ou moins, c’est comme on veut, hein – mais le compte y est toujours, vous pouvez vérifier!) ou sans la lettre « r » (ou « i », ou « z », à vous de voir…), ou alors à partir de la lecture de ceci, ou bien en regardant cela, il n’y a pas photo, n’y en a jamais eu, n’y en aura jamais! –
enfin, du moins pour moi – mais je n’en dégoûte pas les autres, loin s’en faut, j’en admire et respecte plus qu’à mon tour certains qui ont recours à ces procédés, n’en doutez pas un instant – d’ailleurs ils le savent…
[P.S qui a tout à voir: fan de toujours de Perec, absolu et inconditionnel, il m’a toujours semblé que ses livres les plus forts et aboutis sont, très précisément, ceux où la contrainte est invisible, discrète, presque absente, alors que (même lors de sa parution) je n’ai perçu « La disparition » que comme une prouesse, remarquable à n’en pas douter, exceptionnelle même, mais technique – rien d’autre…]

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Dans ses admirables dialogues avec Claire Parnet, Deleuze dit de la littérature américaine: « Tout y est départ, devenir, passage, saut, démon, rapport avec le dehors… »

 

 

Certes! Mais, à y regarder de plus près (et valant plus d’une fois): départ: oui, mais vers où?; devenir: oui, mais de qui et de quoi? ou alors immobile? (lui que le philosophe qualifie, somptueusement, de « géographique »…); passage: oui, mais à travers quoi? et pourquoi? (alors que le « comment », lui, déborde, toujours en excès); saut: oui, mais souvent de l’ange…; rapport avec le dehors: oui, mais presque toujours oubli ou biffure du dedans…
Seul le démon nous convainc tout à fait – confirmation, mais nullement surprise…

 

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Conseils d’ami

 

Ne jamais dire à un Argentin (à un Uruguayen autant de fois que faire se peut, et plus encore…):
– que le plus pur, sensuel et authentique tango, c’est de l’autre côté du Rio de la Plata qu’on le trouve aujourd’hui;
– que pour les connaisseurs (dont je ne suis pas), il en va de même pour ce qui est de la viande rouge;
– que si, en comparaison avec ce « monstre » qu’est depuis belle lurette São Paulo, Buenos Aires est un havre de paix, douceur de vivre et sérénité, l’on peut, sans l’ombre d’un doute, en dire de même de Montevideo par rapport à la cité portègne ;
– que, si la littérature argentine est (et toujours fut) riche, vivante et exceptionnelle qualitativement, ni Horacio Quiroga, ni Mario Benedetti, ni Felisberto Fernandez, ni Juan Carlos Onetti, ni Carlos Liscano, ni Eduardo Galeano ne sont, et n’ont jamais été argentins, comme il arrive à certains de le penser, de l’imaginer, ou de le rêver…

Je les suis moi-même ces conseils, et à la lettre…

 

m u

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« C’est ainsi que se pose la situation prototypique de la narration mutante : la supplantation de la réalité par les simulacres et la virtualité, dérivée de l’exploration de sa logique numérique et combinatoire jusqu’aux conséquence ultimes (épistémologiques et ontologiques) d’inconsistance, de réversibilité, de déréalisation psychique et matérielle, faisant vaciller la stabilité du monde décrit et avec lui nos convictions les plus enracinées, y compris au moment suprême auquel nous apparaîtrait quelque chose qu’on pourrait toujours considérer ingénument comme « réel » (un résidu non contaminé et pierreux, un noyau sensiblement traumatique) et que nous découvrons fatalement pollué par l’irréalité technologique et l’idéologie spectaculaire. »
(Juan Francisco Ferré: Le récit volé, Fric-Frac Club, octobre 2009)

Il y a là tout ce qui me fascine chez les « mutants », tout ce qui m’en éloigne (effraie?) aussi – j’en parlais un peu dans un précédent article: la superbement lisse surface, délibérément dépourvue de ces tiroirs où depuis toujours l’on entrepose les interrogations dont le Réel inlassablement tente de nous éloigner (les réalités non, mais que valent-elles?), et dont il ne me paraît pas possible ni souhaitable de mettre en doute la nécessité et l’inscription dans une forme de permanence (qu’en est-il de l’existence et de la nature du Mal? de la place de la jouissance? de la quête de la connaissance ou de son inutilité? du lieu où l’on entrepose – ou se nichent – pactes et paris?)
Or, non seulement il n’y a pas de cachette, mais, y en aurait-il une, je suis certain que, même en fouillant chaque recoin, je n’y aurais rien trouvé de tel…
Est-ce parce que toutes les réponses ont déjà été donnés? Ou est-ce parce que les questions seraient elles-mêmes inutiles, puisque toutes les réponses se valent?

 

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