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Archive for mai 2014

art 1 Ce faire avant d’agir l’est tout autant, ce que d’aucuns oublient…

La gauche vraie, la seule qui vaille et qui toujours fut mienne, la radicale, a subi le 25 mai un cuisant échec en France, surtout compte tenu de circonstances (grave crise sociale, économique et politique, rejet de l’Europe néolibérale, trahison des sociaux-libéraux au pouvoir) qui en toute logique auraient dû largement favoriser le vote en sa faveur (TOUT expliquer par « le complot des mérdias » – bien réel par ailleurs – m’a depuis toujours semblé un peu court…)
J’ai été proprement sidéré par le fait que les premières (et pour l’heure bien timides) analyses (voire même autocritiques, il n’y a guère de honte à cela, puisque – tous le savent, ou devraient le savoir – « seule la vérité est révolutionnaire ») de ce qui a pu nous mener au désespérant point mort où l’échec d’hier nous a conduit ne prennent absolument pas en compte un élément qu’il m’est arrivé souvent d’évoquer, d’abord dans des discussions privées avec des camarades, puis, et de plus en plus souvent, tout à fait publiquement, à savoir l’acceptation, critique ou enthousiaste, passive ou active, de la prééminence, de fait sinon de droit, des luttes « minoritaires » (absolument légitimes, justes et indispensables – je le dis aussi fort et clairement que possible afin d’éviter de possibles malentendus, voire succédanés, sur le mode de la farce comme Marx le savait déjà dès lors que l’histoire bégaye, de procès « staliniens » me concernant!) sur le grand combat « classe contre classe » visant à évincer une fois pour toutes de la scène ce système égoïste, oppresseur ET aliénant, mortifère au sens le plus propre, faisant appel à ce qu’il y a de plus bas et vil dans l’humain et qui s’appelle « capitalisme » – condition ABSOLUMENT pas suffisante, certes, mais tout aussi ABSOLUMENT nécessaire pour que disparaissent progressivement, non seulement l’exploitation du grand nombre par une poignée, mais, tout autant bien que sûrement pas au même rythme, les aliénations, humiliations et exclusions de toute sorte.
Alors, quand je vois des gens de mon bord (mais le sont-ils vraiment? le sont-ils encore en affirmant cela?) venir me dire que LEUR combat PRIORITAIRE N’EST PAS (OU PLUS) celui contre le capitalisme, mais (selon les cas) celui contre le patriarcat, ou l’islamophobie, ou le racisme, ou l’homophobie (et j’en oublie sûrement), je me dis qu’il n’est point étonnant que nous en soyons où nous en sommes, la focalisation prioritaire, voire quasi exclusive, sur ce qu’on appelle « le sociétal » (indissolublement lié au « social » au sens large à mon sens, gare à qui l’oublierait!) ne pouvant que faire le jeu de l’extrême-droite fascisante et du capital, lequel se trouve, par là-même, dispensé, pour son plus grand bonheur, de l’effort qui toujours fut sien par le passé pour diviser afin de mieux asseoir son règne, certains des nôtres s’en chargeant, avec grand succès ici et là, hélas…

art 2 Oui, plus que jamais! (mais pas n’importe comment, et aux côtés de n’importe qui…)

Symétriquement, comment ne pas voir, à l’autre bout du spectre, le mal fait dans nos rangs par l’intrusion de moins en moins discrète d’une coalition (des plus hétéroclite)s de réacs de tout acabit et obédience (d’aucuns se disant et s’imaginant – sans doute en toute sincérité pour certains – de notre bord et de notre combat) bavant à qui mieux mieux sur la vision émancipatrice liée à ce grand moment de bris de liens, chasse aux leurres et arrachement de carcans que fut, quoi qu’on en ait, mai ’68, telle qu’incarnée dans l’oeuvre des grands penseurs du moment, de Deleuze à Foucault, de Derrida à Badiou (en dépit des différences – certes notables, des divergences, à coup sûr non négligeables, qu’il put y avoir – qu’il y eut! – entre eux): la récente lecture (ou relecture) en parallèle et simultanément d’ouvrages de gens aussi dissemblables que possible, mais unis par la même détestation (je me réfère à Annie Le Brun, à Dany-Robert Dufour, à Jean-Claude Michéa et à Philippe Muray) fut, sur ce point comme sur d’autres, on ne peut plus édifiante en ce qui me concerne (j’ai longtemps hésité avant de mentionner les noms de Clouscard et de Monville, réalisant que ce serait leur faire trop d’honneur, et de publicité; si j’ai fini par les évoquer, c’est qu’ils incarnent jusqu’à la caricature un « marxisme » dogmatique, mécaniste, sclérosé, aux préjugés, oeillères et oukases proprement staliniens!) …
Comment, alors, ne pas appeler de ses voeux (et y oeuvrer dans la mesure de ses moyens et possibilités) l’édification du grand parti de masse et de classe qui tant fait défaut, d’obédience marxiste assumée au service d’une vision clairement universaliste (« a » – communautariste à coup sûr, « anti » même si les circonstances l’exigeaient)?
À bas les divisions, pour que vive et triomphe, comme je l’ai déjà dit, mais certainement pas assez répété, la seule identité par nature et pas définition « non-essentialiste », à savoir l’identité ouvrière!

art 3  Le haro « de gauche » contre le « jouissez sans entraves! » n’aura servi à rien du tout: les « dignes » descendants du pépé qui regarde, effaré, ce slogan qui l’ébranle, ont certainement voté FN, bien fait pour vous!

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« Je n’ai jamais été capable d’INVENTER. » (Celan)

Alors, créer ou inventer? Entre création et invention, quelles accointances (si tant est qu’il y en a)? Quelles divergences (que l’on devine fondamentales)?
C’est la substance même du dialogue imaginaire (mais ininterrompu), du débat (non moins imaginaire, mais des plus féconds pour moi) avec les conceptions et la pratique poétique de Christian Prigent, depuis l’extrême fin des années ’60 et le premier numéro de « TXT » jusqu’à aujourd’hui…
Et que Steiner s’en soit magnifiquement mêlé ne change rien à l’affaire, bien au contraire…

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levinas

 

« Le nomadisme n’est pas une approche de l’état sédentaire. Il est un rapport irréductible avec la terre; un séjour sans lieu. »
(Lévinas)
Superbe réflexion, et heureux, peut-être, ceux qui surent, et purent, s’éprouver nomades. Je n’en suis pas, car il me faudra toujours, au sens fort, un lieu pour séjourner, une forêt bornant l’horizon de mon imaginaire, même s’il y a de l’ Autre au-delà, et si sa promesse n’est pas mensonge…

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Il y a bien longtemps, à la tombée de la nuit, boulevard Rochechouart, une diseuse de bonne aventure me prit la main (je me laissai faire, je les aimais tant, les diseuses, et l’aventure) et me dit TOUT ce qu’il y avait à dire; certaines choses s’accomplirent, d’autres non, comme dans la vie…

 

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« Nous ne pouvons interdire que ce que nous pouvons nommer. »
( George Steiner)
J’ajouterais « ou imaginer », dans toutes les ramifications du mot.
C’est pourquoi – quelles que puisse être la confusion savamment et délibérément entretenue avec cette perversion, ce cancer, cette monstrueuse déformation de ce qui aurait dû (et pu) être qu’on a appelé  » le socialisme réel » – la nécessaire IDÉE communiste n’arrivera jamais à être interdite, effacée, biffée, oblitérée, JAMAIS.
C’est en ce sens ( et sûrement pas dans d’autres!), que j’ai toujours été, que je reste et que je mourrai sûrement « badiousien »…

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poesia

Presteza da intuição, raio imune por essência e não por contingência, ímpeto de asa apagando o peso do desalento, fluidas vozes, radiantes e obscuras, enfim confundidas ao ponto de abolir toda possível separação…
Se a poesia fosse um luxo, talvez nunca a teríamos encontrado; mas ela é tudo salvo isso, nunca tão asperamente necessária do que nesse inicio de século, onde de toda parte investe-se no desumano, onde a integridade mesmo do ser encontra-se ameaçada, agredida de fora e minada de dentro…Ela sim, e ela só, humilde e altiva, rugosa e sutil, cumpre o dever e tem o poder de libertar o segmento de altitude em nós contido e retido, durante aqueles poucos soberbos instantes pelos quais não há limite nem medida e que fazem de cada um de nos mais, muito mais do que a soma das suas pobres partes…
(texte écrit directement en portugais – São Luis, 2000) 

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Lago Paranoa, Brasilia (DF)

 

Il lui avait semblé avoir vu un canard, son sillon sur le lac au nom alangui (alangui, c’est bien le mot, voyelles s’entremêlant, se frôlant, s’accouplant, bleues puis noires) – là, tout en bas, les aigus, les déliés, la batucada, la vie…
Mais il n’y avait pas de canard sur ce lac-ci, en tout cas il n’en avait jamais vu, c’était encore un souvenir de cette ville lointaine, hautaine à en mourir, canaille, charnue…Lui revint alors la voix qu’il avait entendue la nuit d’avant alors que la douleur s’élargissait dans sa poitrine, cette voix aux tons disjoints, accomplie, apaisante, qui finit par le remplir tout entier: « Il faut que tout change pour que ça reste pareil« . Puis ce ne fut qu’un murmure indistinct, mais il savait qui c’était, encore un qui avait tout compris, non parce qu’il était prince ou Sicilien, foutaises que tout cela, mais peut-être parce qu’il était vieux, pour avoir à ce point-là tout compris il fallait l’être…
Du coup il pensa que Antonio n’aurait pas écrit cette phrase, enfin, les mots peut-être, mais pas ce qu’ils évitaient de dire. Antonio…Il avait aimé ses livres, tous, depuis le tout premier, mais surtout ces deux-là, les oiseaux du peintre aux ocres et ors fluides et l’autre, à cause du titre déjà, il se fait tard, de plus en plus tard, pour lui n’en parlons plus, « seja o que Deus quiser« , comme ils disent par ici, foi ou pas, c’est un peu drôle…
L’élancement s’apaisa et il se dit en riant tout seul qu’il lui restait peut-être assez de temps pour compter les jours et les nuits qui manquent

«C’est arrivé pendant son sommeil, ce que je peux vous dire c’est qu’il n’a pas souffert. C’est comme ça que ça se passe le plus souvent, à cet âge… »

 

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