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Archive for juin 2014

 

« Je laisse le possible à ceux qui l’aiment. »
(Georges Bataille)

Moi aussi: qu’ils se le gardent, le couvent, bichonnent même, si ça leur chante! (bien trop nombreux sont-ils encore, mais ça changera, je le sais, je le sens, il le faut, sous peine d’anéantissement, d’étouffement, de mille morts lentes…)

 

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Étreindre, envers et contre tout, ce à travers quoi ce monde advint…

Autour d’une paix non trafiquée, ton pacte de silence…

(Tant et tant parcouru ces rues patientes, ces jardins improbables, visé une fin qui t’est défendue, rejoint ce masque qui est la pudeur de ton tourment…)

Énigmatique appel de l’abrupt, du flétri (jamais serti au lieu, à l’enclos, aux lisières…)

Tu bois comme boivent les tigres, furtivement…

Bien comme Beau ne se peuvent ni saisir ni fuir – visées égalant le proche au lointain dans le doré de leur permanence…

Tu n’es pas de ceux qui pensent que nos vies consistent à choisir la meilleure manière de les perdre…

Ô l’oiseau lesté de boue, soustrait aux clairvoyants, forgeant tes saisies, vicariat de l’obscur qui nie les crues, tarit l’obédience…

Dire suffit – pourquoi prédire?

Ce que tu fus, je le sais: un fleuve, et une fuite…

Pouvoir rejoindre qui t’y ravit, miel, halètement, éponge, dessin furtif sur le mur, caillou fauve dans la paume, concise immaturité de cette affiche déchirée et sale…

Tu vieillis. Toutes ces histoires rendent vieux.

Il n’y a qu’un seul d’entre nous qui écrive, mais qu’importe, c’est comme si nous l’écrivions ensemble, sûrs de ne jamais nous jauger, de simplement consentir qu’il en soit ainsi, qu’il ne pouvait s’en dire plus qu’il n’en fut…

Ne pas humer, savourer, s’attarder, c’est manquer l’inattendu, discrète soudure du monde…

Je te revois, assise très loin sur une chaise, voisinage plutôt que souvenir, n’espérant plus rien, ne sachant même plus à quelle attente l’on pourrait répondre.

Par ce que, même contre ton gré, tu gênes, dénoues ou bâtis, tu sers quand même l’Histoire, qui ne s’appuie que sur nous, ne nous dévêt qu’un à un, nous oublie, nous envahit, éteint le monde…

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Qui d’entre nous n’a connu quelqu’un chez qui l’on devine un secret? Et lorsqu’un jour, non par tricherie, ruse ou viol du dedans, mais de par la volonté de qui le détenait, celui-ci finit révélé au grand jour, qui d’entre nous n’a pas senti que subsiste, par-delà ce qui fut caché et ne l’est plus, un « rien » qu’une vie entière ne suffirait à désépaissir?
L’on a beau bouger, changer, nous transformer et modifier, la distance à l’inconcevable centre demeure la même; que l’on affine, épure, polit, aiguise, entre poison et remède il n’y a (et n’y aura, quoi qu’on fasse) que l’épaisseur du plus bref souffle…
Dans la lumière où ce qui est à voir jamais n’advient, dans l’ombre qui n’est qu’un sien pervers effet, nous savions déjà, d’un savoir aussi fragile qu’ancien, que ce nous espérions et redoutions ne nous sera jamais offert. Qu’il ne saurait l’être. Non qu’il y ait censure ou imployable césure, mais parce que la trame des secrets est sans cesse remisée, au sens strict au-delà, coup du hasard abolissant les dés, beauté « en soi » (mais pour soi inclémente), «imminence d’une révélation qui ne se produit pas», comme l’Aveugle, maître des trésors de l’épars, nous l’a dès longtemps confié pour nous éloigner de ce qui détourne et appauvrit, et nous rappeler, en nous y inscrivant, que le temps n’est que cet enfant qui joue, et qui se joue – de nous comme d’elle…

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trahir

 

« Nous trahissons par loyauté. Trahir, c’est comme imaginer quand la réalité n’est pas assez belle. »
(John Le Carré)
Mais qu’en est-il lorsque cela veut dire trahir ta propre mort, l’instant dilaté où il te faudra regarder sans ciller celle qui ne te fera même pas l’aumône d’un visage?

 

lmef

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Comment oublier ce que j’ai ressenti le jour où j’ai compris, en parlant avec quelqu’un qui m’est précieux (au sens que la langue espagnole donne au mot…) que ce que je prenais pour une ultime et dérisoire tentation était en fait du désir, du vrai (rien à voir avec le sexe, c’est de littérature qu’il s’agit!)
Je n’en suis plus du tout sûr maintenant…

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« Il est vrai qu’aux enfants / jamais ne suffit la réponse…Ainsi jouent-ils avec l’armoire des secrets / et pour finir ils en emportent la clef en eux-mêmes »
(Vladimir Holan: Une nuit avec Hamlet)

« Aux enfants »: au sens le plus large, bien entendu…

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*Qu’approche la rive détachée, le mot aveugle que guettent ses frayeurs…
De lui, de l’ombre dévoyée qui s’offre et t’efface, qu’en sera-t-il ?
Nul ne le sait, toi pas plus que quiconque. Tu pressens seulement qu’il te faut désormais les porter, avec à tes côtés l’écharde malhabile, celle qui recueille et disperse les faims comme éternellement.

*Au coin de la pièce rouge, le tableau que tu aidas à faire surgir, couleurs violemment mêlées aux confins, en caressant les contours, glacis moiré se déposant, changeant sous l’insistance du regard, s’abandonnant à l’ombre pour cadrer à jamais les deux figures, les mains, les souffles…

*Vaine culbute des feux, semant l’imprévoyance de l’heure, l’éternité à l’essai, les promesses enfin closes…

*Double horizon, pli, cicatrice, partage de turgescentes chaleurs… Tu paressais en terrasse devant une bière, il y eut un coup de brise d’un coup ravivant la mémoire du crépuscule, deux ou trois minutes indélébiles pendant lesquelles tu revis tous les soirs du monde…

*Air soyeux, oeil de l’attrait, espace sans césure que ton regard touche à peine, comme refusant de le reconnaître, croisées que guetta l’enfant muant les leurres en offrandes, en ce qu’elles vont épaissir, déjouer, lui déjà penché sur l’onde ultime

 

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