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Archive for avril 2015

obs 1

Déambuler le long de ces quais qui n’en finissent plus, outrepasser le visible, l’équivoque immanence du réel, étendues closes, lisses filons d’enfance…
Rien d’autre à y voir, sinon la vigie qui se dérobe, émerge et cache, se dévoile, disparaît, glisse et renverse leurs escouades ciblées, leurs bêtes de somme, leurs histoires fuyantes forçant en vain l’énigme, les pavés hérissés tournant autour de ses griffes à elle – tes ancres…

 

 

obs 2

Voir, c’est dévorer, jouer avec le feu qui tranche, enchaine, défait la syntaxe des temps, bâtit le théâtre des détails têtus et des mauvais augures: heurt d’outils, de legs, de contrebandes, silence indu des choses, survie à soi-même, mesure de cet Autre fatigué de tant savoir et ne rien détourner, absence qui t’appelle, te soutient, tourne autour de tes seules retraites, ne t’engloutit qu’à son insu, efface tes futures dettes…

 

 

obs 3

Nul ne sut mieux que le Cortázar des « Fils de la vierge » évoquer la souillure à venir, présage où le voleur d’image, bien qu’innocent, finit par se perdre, se défaire enfin du son, puisqu’il n’y a que le silence qui aille à cette lumière gelée, morcelée, comme en trop, à cette malfaçon en vain déclinée, à l’élan rabougri, étouffé, voué à l’obscène, aux crissements du sens, aux lourds dénis, aux mises à mort de la distance, trace prélevée sur un réel d’où le « monde » a comme disparu, sauf la chute entrevue, mais contre laquelle l’on ne peut rien…
Combien plus sec, plus pauvre, plus pesant apparaît à côté le « Blow up » d’Antonioni (qui s’en inspire pourtant) lequel se contente de montrer le crime caché, s’affranchissant par là-même du subtil défi hors duquel il n’y a pas de récit qui vaille…

obs 4

 

 

obs 5

Quelle est cette perte qui ne t’abrite en ses estuaires et ses débordements que pour mieux te piéger, te démâter, t’enrober, t’assourdir, durée muée en corps mort (poids, renvoi, dédale fidèle), promiscuité engourdissant tous secrets (fors celui de Polichinelle): déchirures, bouche-trous, esclaves sans maître forgeant l’« aveu scellé de sa vaine puissance » (Jabès) qui s’acharne à situer, débusquer, faire en tes domaines du porte à porte, frôler de tes pantins la marche docile…

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faucon 1 Bernard Faucon

 

« Une photo est toujours invisible, ce n’est pas elle qu’on voit. »
(Roland Barthes)

 

peter lindbergh Peter Lindbergh
cartier-bresson-1 Cartier-Bresson

 

« Nothing is ever the same they said it was. It’s what I never seen before that I recognize. »
(Diane Arbus)

cahun Claude Cahun

 

Mapplethorpe_Jack-Wall Robert Mapplethorpe

 

Est-elle promesse du vertige où l’heure n’agit plus, consentement à l’indistinct, au tremblé, à l’informe, aux débris (passages, oui – jamais demeures), aux voix, muettes dans la lumière de midi, se jouant des étendues, du contigu, des savoirs et des repères, est-elle trajet que contourne le versant assuré, dessein qui rien n’exige, rencontre fortuite ou fabriquée, trace du dedans, prédicat du manque, feinte de l’œil fasciné sur lequel le réel entamé vient buter?

 

 

brassai 1 Brassaï

 

diane arbus Diane Arbus

 

Est-elle brouillon de pénombre qui vise juste, décor perverti, prodige de l’épars, simulation meublant l’arrière-plan, y semant ses ombres, y dispersant ses creux, ses contournements, ses utopies, rocaille fermant l’horizon, funambule franchissant sans y séjourner la différence réitérée jusqu’aux confins du Même?

 

 

brassai Brassaï

 

jerry-uelsmann-2 Jerry Uelsmann

 

 

Est-elle temps qui adoube et chiffonne, menace qui s’y mire, désertion avec le Réel comme alibi, combustion sans projet, comme abolie dans la prise de vue, est-elle piétinement sédimenté, desséché, mis hors champ, ensablé dans l’attente d’un appel où rien ne s’inscrit et que personne n’habite, est-elle louvoyante traversée qui traque, pille et rebondit, chance qui tourne, retour maquillé où toute posture est égarement, emprunt aux figures éteintes, distance que rien ne rachète?

 

 

mario-giacomelli- Mario Giacomelli

 

cartier-bresson 2 Cartier-Bresson

 

Est-elle griffure, devenir, suffisance du désir où ce n’est pas l’œil qui stagne, mais ses épousailles, ses aveuglements, ses faussaires malignes, capture où l’on s’abolit ou que l’on s’approprie, croisement hanté, dévastation dans laquelle le regard se dissout sans jamais y adhérer tout à fait?

 

 

kaminsky 2 Adolfo Kaminsky

 

duane michals Duane Michals

 

 

Est-elle brouillage qui ne va pas de soi, mise au pas des baumes et cautères piégés par le hasard, ce « quelque chose » encore à fouiller, affiner, lézarder, interlope indécision des lieux, accoutumance aux prodiges, sans intercesseurs ni parures?

 

 

kozirinsky Adolfo Kaminsky

 

Jerry-Uelsmann-1 Jerry Uelsmann

 

« La vie est ainsi faite à coups de petites solitudes. »
(Roland Barthes)

 

duane Duane Michals

 

arbus Diane Arbus

 

« Love involves a peculiar unfathomable combination of understanding and misunderstanding. »
(Diane Arbus)

 

duane michals 1 Duane Michals

faucon 2 Bernard Faucon

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