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Archive for février 2016

victoire 1

 

  « O make me a mask » (Dylan Thomas)

Droit devant, l’ingrat ajustement tournant au ban des soutes, jeu défiant veilles et icônes, arme seyante, crue de balafres, feu sans rage débordant ses mainmises, crible qui dresse et devance (que nos regards enfin entravent), dénis de l’heure et du chemin, mouchards que balbutient, détournent, convient et obscurcissent ces méfaits que l’astre heurté saura seul mutiner…
(Arrivés de toujours, qui s’en iront partout: qui d’autre paraphraser à l’heure de la grande traversée, sinon Arthur, dites-moi, qui?)

 

victoire

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Je me souviens qu’une nuit – c’était à la fin du printemps 1977 – suivre à la trace le dénouement de l’un des plus accomplis récits de Cortazar m’est soudainement apparu comme une impérieuse évidence, mais il fallait que nous y soyons réunis à nouveau tous les trois , j’ai alors, comme avec le sentiment de son posthume accord, commis l’irréparable, me suis permis de raccourcir, muscler, épurer, changer de détails (une marque de cigarettes, un type de boisson), ajouter quelques mots, muer le personnage principal (saxophoniste comme celui qui lui servit de modèle, à savoir Charlie Parker en personne, excusez du peu!) en poète (mélange de Thierry, tellement poète qu’il se refusa de l’être, du moins au sens convenu de terme, et de François, alcoolique à 24 ans et qui, poète, il le fut, lui, tant et tant qu’il finit par cesser de l’être, du moins au sens premier du terme) ,et assumant moi-même le rôle du narrateur.
Inséparable trio nous ne fûmes qu’au début des années ’70, mais la vie permit que je continue à assidûment les fréquenter, chacun de leur côté, jusqu’à la fin de la décennie (en fait, avec des éclipses, jusqu’en 1986, année où j’ai d’ailleurs définitivement perdu de vue François; Thierry, lui, ce ne fut que vingts ans plus tard, mais avec de longs, très longs blancs entre chaque rencontre)
Rien de mieux qu’un Julio du meilleur cru et un peu tourné à ma façon pour me donner, l’espace d’un battement d’aile, l’illusion de les retrouver…
(février 2016)

 

juillet

 

L’imposteur, c’est celui qui joue à être là où il est – où qu’il soit.

« Je me souviens du soir où nous nous sommes mis à déambuler dans Saint Germain-des-Prés parce que tu m’as dit que ça te ferait du bien de marcher un peu et que je ne suis pas homme à laisser tomber les copains en pareille circonstance.
La rue de l’Abbaye nous conduit pas à pas à la place Furstemberg sournoisement endormie. J’essaye de t’entraîner rue Jacob par peur des souvenirs, mais il semble que le chapitre soit clos pour ce soir…
Tu marches calmement et la chaleur de la nuit, le silence des rues nous font du bien à tous les deux.
Nous fumons des Celtiques, nous nous laissons porter vers la Seine et devant l’une de ces boîtes en fer des libraires du quai Conti l’air que siffle un passant ouvre un tel trou dans le temps que nous titubons de bonheur. Finalement nous nous asseyons sur le parapet devant la rue Gît-le-Coeur et nous en grillons une autre parce que la nuit est belle.
Nous savons que d’ici un moment le tabac nous obligera à aller boire un blanc sec dans un café et cela nous fait plaisir à l’avance.
« Et le nom de l’étoile est Absinthe », c’est ce que tu es en train de dire, et, soudain, j’entends ton autre voix, ta voix quand tu es…comment le dire, de l’autre côté, seul à nouveau, parti…
Je descends le parapet et je te regarde. Le nom de l’étoile est bien Absinthe, il n’y a rien à faire. Tu ris moqueusement en regardant la Seine. Il est deux heures du matin, l’heure de s’asseoir dans un troquet perdu où l’on vous laisse tranquille pour peu qu’on s’aperçoive que vous appartenez à l’étoile Absinthe. C’est toujours comme ça avec toi, on hausse les épaules, et puis l’on commence à se sentir heureux.
Du monde, toujours rien, il n’est question que du poivrier en forme de cygne, de l’étoile, de lambeaux de choses qui passent dans des lambeaux de phrases, des lambeaux de regards, de sourires, de poursuites et d’absences que je suis seul à percevoir.
« Ce que j’écris ne vaut rien, absolument rien ». Je te sens furieux, vraiment furieux d’un coup. « Ce n’est pas une question de mots plus ou moins mots…C’est autre chose…Je mourrai sans avoir trouvé…Tu ne peux pas savoir…Et pourtant, parfois, la porte bouge…Toute ma vie j’ai cherché avec mes mots à l’ouvrir, cette porte. De presque rien, d’un millimètre. Je me rappelle une nuit, la bouteille, le cahier, la fumée bleutée… Je volais, je te jure que je volais. Je me voyais comme si quelqu’un d’autre était debout près de moi, en moi-même, mais infiniment loin…Pas exactement quelqu’un d’autre, je cherche une comparaison…C’était la certitude, la rencontre, tu vois ce que je veux dire? Ce qui était à côté de moi c’était comme moi-même, mais ça ne tenait pas de place, ce n’était pas à Paris et surtout pas dans le temps, il n’y avait pas d’après…Pendant un moment il n’y a eu que toujours. »
Devant le portail, juste en face, une voiture rouge enjambe le trottoir en le narguant avec cet air doublement immobile qu’ont les choses mobiles quand elles ne bougent pas. Je ne sais plus que faire, il est si tard, l’humidité monte du fleuve, nous allons prendre froid tous les deux…
« J’ai l’impression d’avoir voulu nager dans un bassin vide. J’ai cru, faut être idiot, j’te jure, j’ai cru qu’un jour je trouverais autre chose. Je n’étais pas satisfait, je pensais que les bonnes choses, c’était un peu comme des pièges à rats. Comment t’expliquer…De bons appâts pour qu’on se tienne tranquilles, pour qu’on se dise que tout va bien. Des pièges, mon vieux…parce que ce n’est pas possible qu’il n’y ait pas autre chose, ce n’est pas possible que nous soyons à la fois si près de la porte et si lamentablement de l’autre côté…C’est surtout le Très-Haut que j’ai sur l’estomac. Ne m’embête plus avec ça, je ne le permettrai pas. Et s’il est vraiment de l’autre côté de la porte, je m’en fous. On n’a aucun mérite à passer de l’autre côté si c’est lui qui t’ouvre. Ah! si on pouvait l’enfoncer à coups de pied, cette porte, ça oui, se serait quelque chose. Cette nuit-là, j’ai cru que je l’avais ouverte avec mes mots, mais il a bien fallu m’arrêter, alors le salaud me l’a refermée au nez, ce portier en livrée, ce groom qui n’ouvre les portes que si on lui glisse un pourboire… »
Brusquement je sus quand tu l’entrouvriras. Et aussi que ce sera ta dérisoire victoire sur cette béance maligne, sur cette usurpation indue et sourde, sur cette créature qui n’est que Celui qui est. Si tu es vraiment toi, Il s’inclinera et fondra dans ta lumière: il suffira que tu t’approches et que tu poses la main sur Son épaule…
J’ai appris ta mort par un télégramme. On m’a dit que tes derniers mots avaient été quelque chose comme: « Oh, fais moi un masque. »
Cela va être difficile de raconter tout ça parce qu’on ne sais pas au juste qui parle, si c’est moi ou bien ce qui nous est arrivé dans ce temps soudain indomptable ou encore ce que j’ai cru entrevoir ou bien si, tout simplement, je raconte une vérité qui n’est que mienne, le solde de mon envie de m’enfuir et d’en finir moi-même au plus vite avec toutes les histoires. »
(par – et un peu avec – Julio Cortazar)

fantôme 1

« From childhood’s hour I have not been
As others were – I have not seen
As others saw – I could not bring
My passions from a common spring –
(Edgar Allan Poe: Alone)

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« Ce qu’on vit comme ça vient est toujours insensé, si tu ne sais pas toi-même lui donner sens »
(Antonio Tabucchi)

Facile à dire, pas si facile que ça à faire, et c’est tout le problème…

 

 

mines

Oui, il faut le dire, c’est Twitter qui m’a permis de connaître, lire et approcher pas mal de gens partageant ma haine de ce système mortifère qu’est le capitalisme, mon mépris pour ses serviteurs, zélateurs et licteurs (avoués et assumés, ou non, cela revient au même!), ma révolte et mon dégoût – intacts – suscités par les néfastes conséquences pour la plupart d’entre nous des aberrations et abominations néolibérales, tout comme par la montée d’un fascisme « à la française » avec lequel aucune convergence, fût-elle ponctuelle, aucune connivence, fût-elle antilibérale, ne sont pour moi possibles ni concevables.
Dans la mesure où les raisons de mon départ de Twitter auraient été exclusivement liées au « milieu » littéraire, quitter mes camarades politiques, biffer d’un trait notre complicité (par-delà nos divergences sur tel ou tel sujet), nos espoirs et nos combats communs m’est brusquement apparu comme une inadmissible forme de démission, de désertion difficile à avaler pour le battant que sur ce terrain je suis – et l’ai toujours été.
Mais même cela n’aurait probablement pas été suffisant si le long voyage en Amérique du Sud ne m’avait pas permis de me rendre compte à quel point la fuite, le lâche refuge dans l’ombre et le silence n’étaient pas la solution, que pour défendre à la hauteur voulue ce en quoi je crois s’agissant de l’écriture il me fallait rester, continuer et me battre – même si cela devait, le plus souvent, l’être contre des moulins à vent, et avec de bien maigres chances de gagner – ME BATTRE, oui, contre les fausses valeurs, contre les gourous de pacotille auxquels des innocents et des ambitieux attribuent jusqu’au pouvoir de conférer du génie par imposition des mains, contre les papes de bazar d’autant plus impérieux et sûrs de leur bon droit que les fidèles se font rares, contre les faux partages (pires ennemis des vrais!), contre les pantins, les baudruches, les hypocrites et les cuistres qui sévissent un peu partout et plus que de raison, contre les stériles concours de sémillants égos, les imbuvables pièges affectifs, les fielleuses « séductions » élaborées pour (mal) masquer: au mieux, l’indifférence glacée, l’omission ou les guéguerres de chapelle, au pire, d’inavouables et terrifiantes inimitiés! Il y a, bien sûr, des exceptions, magnifiques et fraternelles, suffisamment nombreuses pour que tout reste possible (j’en connais et j’en connaîtrai sûrement d’autres!), ce n’est qu’avec elles que je souhaite désormais faire un bout de chemin, à leurs côtés que je compte à l’avenir avancer afin de rendre enfin « visibles » ceux en qui et ce à quoi je crois, ainsi que mon propre travail d’écriture…
Je me souviens avoir lu sous la plume de César Aira: « qui espère se trompe: ce qu’il espère et attend a déjà commencé, parfois est déjà fini. C’est le fondement du présent. » Peut-être a-t-il raison, peut-être se trompe-t-il; quoi qu’il en soit, j’irai de l’avant, vers l’improbable rivage que l’horizon parfois dessine, terre promise ou non, je n’en ai cure désormais…
« My desolation does begin to make
A better life. »

 

entretien_webcam »>http://www.dailymotion.com/video/xwjtu_julien-gracq-entretien_webcam

Un merveilleux écrivain est un écrivain qui écrit merveilleusement.
Quoi? J’ai dit une connerie???
Ah bon…

 

 

« Qu’est-ce qu’un abstinent après tout? Un faible qui cède à la tentation de se refuser un plaisir. »
(Ambrose Bierce)

Pas un brin concerné, car depuis longtemps déjà, je le suis bien bien moins que la moyenne…

 

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Poussé par je ne sais quel Rouge Déclic, j’ai sans vergogne caressé Tina et, je vous le dis hic et NUNC, je trouve les Nioques point sottes, ne rechigne pas à avaler les Grumeaux ou à m’envoler dans les Fusées de mon choix; toute honte bue et toute Action Restreinte en ce pôvre Siècle 21 qui est le nôtre, je pars en Conférence de tant m’éprouver Inculte, Bateau Fantôme et sans Balises, errant de Doc(k)s en Doc(k)s, de Boxon en Boxon à taquiner la Femelle du Requin, Incertain Regard sur les Friches, Passager Clandestin prêt à faire la Java dans Jungles et Rehauts, parfum de Basilic, Arsenal éperdu dans la Nuit Blanche des Bacchanales, Double Change à l’heure de toiser l’Étrangère, Inventaires/Inventions aux pieds fourchus te traînant de vains Passages d’Encre en claires Pensées de Midi, t’alléchant avec leurs clés et Formules, Noeud des Miroirs, Supérieur Inconnu, Transfuge sans papiers, à jamais…

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Peter Härtling

« Encore quelques mots seulement, Niembsch, bientôt tu vas de toute façon la perdre, je te vois à la limite que je n’ai jamais atteinte: tu as réussi à duper le temps. Veux-tu te le laisser à nouveau imposer par cette femme qui se meurt?
C’est une erreur, Juan, elle m’en délivre.
Possible, Niembsch, mais après? L’immobilité, la stagnation, l’accomplissement? De quoi, en face de quoi, pour qui? Je n’ai jamais pensé, j’ai séduit au lieu de raffiner, j’ai aimé et du même coup vécu, je n’ai rien perdu, je ne me suis pas perdu, c’étaient les autres qui avaient perdu. Alors ce qui me restait de sentiments dans le coeur s’est envolé pour faire place à la connaissance, ce sont deux choses différentes, Niembsch, tu ne l’as jamais compris, ne le comprendras jamais. Réfugie-toi dans le silence, dans l’extravagance muette. Je traite cela de présomption, de quelque voile que tu les couvres. Il disparut. là où il s’était tenu flottait avec persistance un parfum convaincant de roses ibériques et de sueur de cavaliers. »
(Peter Härtling: Niembsch ou l’immobilité / traduction – d’une qualité à propos de laquelle le qualificatif « exceptionnelle » paraît faible – de Bernard Lortholary)

 

l m Luciano Maia

QUARTETO

A língua não é o verbo que recrias.
A única língua , tua de verdade,
dona de escuridão e claridade
é a que conheces e em que silencias.
(Lucian BLAGA, poeta romeno, tradução do poeta cearense Luciano Maia)

 

Soixante – cinq mois (parmi les plus pleins et heureux) de ma vie…(Lago Norte, Brasilia, DF, Brésil – juillet 2003/décembre 2008)

 

Un mien ami, intelligent au sens étymologique et fin observateur des temps, me faisait remarquer qu’il y a quarante ans, on hésitait (parce qu’on en avait un peu honte, oui, oui…) à dire ou à écrire « bite » à tout bout de champ, mais qu’on parlait beaucoup de la lutte de classes, alors qu’aujourd’hui, c’est tout le contraire.
Pôvre époque, pôvres de nous…

 

Si vous voulez tout savoir, ‘suis vachement content de crécher sur la Butte, où de vierge y’a que la vigne…

 

Cela fait un peu plus de quatre ans déjà que Bob nous a quittés…L’éditeur, je ne l’ai jamais approché, il ne faut pas mélanger les genres: ce qui nous unissait venait de bien plus loin et nous appartient – on ne s’est d’ailleurs jamais revu depuis. J’en dirais seulement que ce presque jumeau par l’âge, ce roc, cette « forteresse » pour reprendre le terme de Michon, a été l’un de ceux qui m’ont aidé à rester fidèle à quelques refus essentiels, à changer, certes, mais sans virer de bord, sans rien trahir, ni renier… Salut fraternel, camarade!

Verdier: treize ans de fraternité

 

 Alexandra Pizarnik

La littérature étant chose trop sérieuse pour qu’on la laisse aux écrivains, j’envisage de l’attendre « sur l’autre rive du fleuve / Pas celui-ci, celui qui est juste après », comme nous le suggérait, juste avant la traversée, Alejandra Pizarnik, qui en savait un rayon là-dessus…

 

 Borges et Cortazar

Je les regarde et sais bien qu’ils comprendront – comme à la fin des « Théologiens », que le plus âgé des deux conçut, mais que l’autre aurait tout aussi bien pu signer – que dans le temps insondable ils furent et seront un seul et même homme…

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rb

 

« Pendant trois mois, au cours du temps libre que lui laissent le journal et son travail clandestin, il écrit un poème de plus de 600 vers où il s’enfonce dans le mystère et le martyre des poètes mineurs. Le poème achevé (pour lequel il a souffert et fait d’opiniâtres efforts) il comprend avec stupeur qu’il n’est pas un poète mineur. Quelqu’un d’autre aurait cherché à en savoir davantage, mais Leprince manque du curiosité à son propos et brûle le poème. »
(Roberto Bolaño)
Que serais-je devenu sans toi, Henri Simon Leprince, qui es mon miroir, mon cauchemar, mon ombre et mon destin? Très probablement la même chose que si je ne t’avais, par le truchement de Roberto, rencontré un jour: presque rien, et bientôt plus personne…

 

hsl

 

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Un cycle s’est achevé fin 2015.

c 2

Un tout beau, tout nouveau commence, à ce qu’il paraît (mais ‘suis pire que saint Thomas, moi, je ne touche que ce à quoi je crois, et là…)

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« Some may have blamed us that we cease to speak
Of things we spoke of in our verses early,
Saying: a lovely voice is such as such;
Saying: that lady’s eyes were sad last week,
Wherein the world’s whole joy is born and dies;
Saying: she hath this way or that, this much
Of grace, this way or that, this much
Of grace, this little misericorde;
Ask us no further word;
If we were proud, then proud to be so wise
Ask us no more of all the things ye heard;
We may not speak of them, they touch us nearly. »
(Ezra Pound)

 

J’en ai sèchement marre d’être sommé (directement et impérativement ou alors indirectement et suavement) de prendre position contre ceux qui n’en ont pas pris ou de ne pas prendre position contre ceux qui en ont pris, je le ferai certainement, si cela continue, en envoyant balader tout le monde, car s’il y a effectivement beaucoup à dire sur ceci ou cela, le grand Coluche n’en était pas moins clairvoyant (ô combien!) lorsqu’il clamait: « Quand on voit ce qu’on voit et qu’on entend ce qu’on entend, on a raison de penser ce que l’on pense! ». Et cela vaut pour tous, « tous coupables », comme le disait l’intraitable juge du « Cercle rouge » de Melville…

 

La leçon sur le cercle

On dessine sur le sable un cercle
après on le coupe en deux,
avec le même bâton de noisetier on le coupe en deux.
Après cela on tombe à genoux
après cela on tombe sur les mains
après cela on frappe le sable avec le front
et on demande pardon au cercle.
C’est tout.
(Nichita Stănescu)

Oui, TOUT – dans le sens le plus vaste du terme…

 

Vers les Balkans compliqués, j’irai avec des idées pas si simples que ça…(c’est, en principe, pour 2017)

 

« Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes. »
(Jacques Rouxel: Les Shadoks)
Ah, comme c’est vrai, ça!

 

« I Am the Lizard King! I Can Do Anything! »
(Jim Morrisson)
Y compris mourir à 27 ans…

 

Je l’ai vue – cette fois je l’ai vue
où ? à la limite de l’aube
et de la nuit

l’aube du jardin
la nuit de la chambre

avec un sourire qui craque
une patience d’ange
elle m’attend
Et je le sais bien

Puis d’une voix lointaine
elle m’a dit
Ah mais non
Tu ne deviendras pas folle
Entends-tu, tu ne te conduiras pas comme cela,
Tu feras ceci et cela. Elle parlait parlait sans que je ne
comprenne plus rien
Je la suivais malgré moi
Dans un froufrou de soie une robe à traîne avec beaucoup de
volants qui rebondissaient sur chaque marche.
elle a disparu
brillante bruissante
par un escalier étroit
et délabré

En haut
c’était le rayon d’hommes, des milliers de vêtements
Une pièce toujours fermée, surchauffée
Seule présente vivante :
elle
elle parcourait les espaces vides entre les mannequins
portant tous son masque
(Laure)

 

« Dans les ruelles de la ville basse, les temps morts se vautraient sous la chaleur. Rien n’a changé. Il faut encore veiller, bien courageusement, nos troupeaux et nos mourants; s’agenouiller dans le soir, et prier ton sang, et craindre ton cul…Rien n’a changé. »
(François Girard – milieu des années ’70)

 

« Je crois d’ailleurs que l’amitié, comme l’amour dont elle participe, demande presque autant d’art qu’une figure de danse réussie. Il y faut beaucoup de retenue, beaucoup d’échanges de paroles et beaucoup de silences. Et surtout beaucoup de respect. Par respect j’entends le sentiment de la liberté d’autrui, de la dignité d’autrui, l’acceptation sans illusions mais aussi sans la moindre hostilité ou le moindre dédain d’un être tel qu’il est. Il y faut aussi – ce qui n’est peut-être pas absolument nécessaire à l’amour, et encore qu’en sais-je? – une certaine réciprocité. « 
(Marguerite Yourcenar)
Comment ne pas y souscrire, sans réserve aucune de surcroît? Sans pour autant oublier de (plus ou moins) récentes expériences qui m’ont montré à quel point c’est difficile…

 

« Il ne faut pas multiplier le nombre des entités au-delà de ce qui est nécessaire. »
(Rasoir d’Occam, XIVème siècle)
Z’avaient tout compris, ces médiévaux, y’a pas à dire!

 

Ne se laisser dévoyer que par l’errance chasseuse, celle qui lève à l’enclos des jeux, à la persévérance des rets, aux lieux où s’effritent les puissances adjuvantes…

 

« What, do you tremble? Are you all afraid?
Alas, I blame you not, for you are mortal… »
( Richard III, I, 2)

 

Mais en fin de compte, de toute façon, à quoi bon?

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