Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for juillet 2016

ve   galerie Les Filles du Calvaire, Paris

« Le masque est une force
Tant qu’existe quelqu’un
Qui désire te l’ôter; autrement
Tu meurs dedans
Comme le Masque de Fer. »
(Tommaso Landolfi)

Qui te fera rabattre la trace, murer la lacune, resserrer les bornes de ce qui est, sur l’heure, tout et partout, qui échappe aux mainmises, endigue le chemin, endosse le grain, l’écart qu’on présage, l’altier arsenal des fulgurances, le chiffre éperdu de tes défaites?
Qui te dira à quel prix te vendre, pourquoi ce que tu fondes ne prend jamais de court les preuves, la rouille, les carcans, les décors pervertis, la défection du sens, l’œil de la chouette déguisant l’évidence?
Qui te rappellera le deuil des joutes, la procession des spectres, le seuil scindé et le nadir stagnant, l’or ébréché, l’éveil tenace, l’inguérissable caverne, clandestin abyme que tu ne vois même plus, lui qu’on ne fomenta que pour qu’il te dépossède et nie?
Comment revoir celui qui, ravi et avoué en son risque, ne subsiste qu’à travers ses effets et reflets, sans cesse sapés par ces rivages, ces pans troubles, ces pièges et prothèses: l’heure ruminée, l’outrage qui dévoile, la trahison qu’enfin tu gouvernes?
(2015)

Publicités

Read Full Post »

ld2   galerie Odile Ouizeman, le Marais, Paris

« Lorsque la fin approche, il ne reste plus d’images du souvenir, ne restent que des mots »
(Borges)

Rumeur docilement mise en branle et à qui rien ne se dérobe, ni les témoins ni les victimes, les mensonges reçus de plein fouet, qui te dénoncent et t’écartent: étais aveugles, vindictes martelées, charivari de grisailles, de demi-teintes, de mortes saisons, amonts, saccades, entre-deux éparpillant dans l’ire des temps la pauvre démesure qui se déploie, délaye  balaie…
Tu n’en connus que la férocité, pas les scrupules, l’ombre des meutes convoquée contre soi, le galbe dur de la parole inapte à secourir la girouette honnie s’appropriant les revers, les meurtrissures, les spoliations, le souci consentant à l’obscur de l’autre, à ses pouvoirs chuchotés, à l’errance qui « jamais ne médit du Lieu » – tes infirmes, tes servantes…

Read Full Post »

dp1   Daniel Pommereulle

« Elle pouvait s’en aller quand elle le voudrait, évidemment, mais aussi rester; il serait beau peut-être d’attendre pour voir si la lumière allait remonter sur le mur, allongeant de plus en plus l’ombre de son corps, de la table et de la chaise, ou bien si elle allait demeurer ainsi sans du tout changer, la lumière immobile comme tout le reste, comme elle et comme la fumée immobile. »
(Julio Cortázar)

L’apprentissage est presque achevé.
Tu peux dorénavant désobéir, prendre le contre-pied de l’encombrante conciliation, de l’avenir tricheur, du lest à lâcher, des secs vertiges…
Tu sais maintenant que tout lieu est dépouille des temps, que la durée ne tient que dans le regard qui s’y déploie, dans ce qui t’esquive et t’imprègne, creuset contaminé, invocation fuyante, ombreuse raréfaction du Même…
Tu te dois désormais d’abjurer ce que, sans pourvoi concevable, tu t’obstinas à vouloir charpenter, les figures, les reliefs, les tracés, les chemins dépavés, les traces  reparcourues, ce qui n’a de source que ses fins, qui prend en charge la ruine, pressent l’aimant, cisaille le devenir, ses ateliers, ses bas-fonds, ses oubliettes, feintes affranchies de tes doubles, de qui ruisselle, stagne et garde, diffère la réponse, t’infiltre, te tiraille…
Tu ne te souviendras qu’après de qui tu fus: celui qui enjoint et flanche, dissipe torches et semailles, tord la clôture que hantent les tris et les saccages, la gangue rabougrie, les haltes dans la chaume, la parole servante du souci, l’outrance comblée par le tintamarre de passage…

« …par la littérature je veux en réalité arriver chez moi…Au fond de tout il y a ceci: trouver le chemin du retour. »
(János Pilinszky)

fin d'étape

Read Full Post »

« L’erreur aide, comme le sommeil. »
(Hölderlin)

m1   galerie Emmanuel Perrotin

« Et tu connais le « lieu ». C’est vrai,
  tu ne le nommes pas, pourtant tu ne l’oublies pas.
                                                                Tu ne l’oublies pas. »
        (Mario Luzi)

L’heure de tout dire et rien enjôler, le saut qu’on s’octroie, l’aveu plié aux mêmes attraits, le tendu ou l’advenu, l’eau rampant là où tout se joint et t’efface, l’adieu qui s’évade du visible, le fracas des saisies, le rebord chaviré, le lointain cacheté, l’heure qu’on ne voit de face qu’en l’écourtant, l’astre qu’on abuse, livré au parjure qu’emplissent de leur incertaine présence les passes, les hasards gourmands, tes dettes ruminées, tes décombres en solde…
L’écart dont tu rêvais n’est que pure utopie, lui qui alourdit au lieu de déprendre, ne séparant que pour mieux agglutiner (biefs, buttes, creux, pentes impies), mimer l’inapaisé qui ne sait, lui, ni obéir à une loi, ni singer les formes que le jeu ne fait surgir que pour mieux les moquer et dénier – tatouées à l’épaule que jamais ne saisira cet Autre qui toujours achoppe sur la bataille à ne pas livrer, les bêlements du guetteur vieilli dont il est temps que tu te désencombres…

Read Full Post »

lrv   Galerie Karsten Greve, le Marais, Paris

Qu’en est-il de l’heure qui t’assaille, t’ébranle, du regard se mutinant, te livrant au feu qui ne fait que mimer ta solitude et ses faux bouges, ses marques, ses fugues, ses embrasures…
Qu’en est-il du seuil qui soude et remanie, rassemble l’avènement et la blessure du geste dont nulle outrance n’assouplit le témoignage, haillons qu’aucun endettement ou apprêt n’excèdent, aveugles bienfaiteurs de cet Autre qui sait combien de fois tu t’es fui, qui t’ajuste, te scinde, te délivre des fards, des filiations, des rouilles, faisant enfin tienne l’archive obscurcie, l’indocilité de la différence, les menottes laminées, les partitions rendues, havres loués qui toujours auront des comptes à rendre à leurs présages, ôtant à l’écart qui te lie ses pesanteurs, son usure, ses illisibles distances…

Read Full Post »

v1   Halle Saint Pierre

Ah si tu pouvais tout rayer, tout retracer, te perdre dans l’antre qui forge les cautions de tes actes, t’absenter de ce qui situe, te déprendre des gîtes, des traces, des rages de l’ordre, dire oui à celle qui vient, ni engendrée ni assignée, qui sait que l’on ne s’éloigne de sa parole qu’en s’y rapportant, car tout vient d’elle et de ses encoignures: d’autres laves, d’autres chemins, ce qui survole et assouvit l’ombre, ne s’avoue que dans image de ce qui EST et non de soi, comme si elle surgissait d’autres biens, d’autres parousies, prenant le pas sur le partage blotti dans le miroir et la cime, grugé par l’aboi, rompu à ces consentements qui te frôlent, dépouillent le Même de ses étendues, en amincissent les pièges, te scandent et t’aveuglent…

Read Full Post »

asp

Loin des rumeurs du « dieu qui vient », tu reviens sur tes pas, resserres les bornes, te dépouilles des trajets raffermis, du joug des lois qu’ordalie revêt, ta parole se fait pesée, frayeur, capture, rompt l’enjambée et l’octroi, les essaims pervers, les levains dissipant les Retours qu’ils figurent, qui, sans tricher ni avilir, te tiennent en garde contre ce qu’ils louent, fuient tes dettes et tes gages…
Parole à mi-chemin, c’est-à-dire de nulle part, parole qui se dérobe à ta vigilance, rend servile le droit d’ignorer saccages et coïncidences, l’aveugle aveu de l’enfance qui s’éloigne, l’esquive et le choix que déshonore sa repentance…

Read Full Post »

Older Posts »