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Archive for mars 2018

Tout est trop près trop lent comme
la colline qui tourne sur elle-même/
les déferlantes s’engouffrant dans les veines/
les visages étrangers que guide
l’allumette mouillée de retour sous la voûte
(toute une éternité d’espoirs et de ruses).

Un verre encore
(ils arrivent par nichées)/
Le mystère est dans les taches/
dans l’oubli des annuaires éventrés/
des partitions/ des râpes/ des îles/ des couronnes/
des ronces que les berges étranglent
où finissent les forêts.

À l’avant pas un bruit.
Que des lucioles dans l’obscur/
que l’herbe nomade/ l’amas embué/ le ciel mat/
les guêpes tournant dans l’aube qui grince/
les fantômes dans la flaque.
Tout est trop loin trop bref comme
la phrase déchirée en esseulements
de l’heure qui se dérobe.

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Tout s’accorde désormais à ces doigts en cavale: la passe frivole qui te fuit – les demi-soleils, les cloportes, les marécages – le détour par la soif – les mâts hérissés en bon ordre – les noms inventés – l’espalier prévoyant – l’instant que la lumière coupe, engloutit et fane – les bêtes agenouillées et l’indécis fumier – le mutisme têtu des frères – le tranchant qui te soûle et t’aguiche  – l’opaque envie des fins – les mots qui te ressoudent, t’évitent, te désaffectent, te briquent et te foudroient – le sentier aux mégots écrasés – la pénombre durcie des saisons –  la patine de ce temps qui n’a plus rien à prouver, ne te remue qu’à contre courant, t’élance contre la vitre, t’affranchit des gouvernails, te vide de tes babioles, fait sienne la démesure du dernier sauvetage.

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Il ouvre la bouche
Comme pour la remercier du fil
Qui longe du vert les proues
Le ravin raillant ses bords
Lorgnant le Minotaure étendu
Là où il y a moins d’escaliers
Moins de portes
Moins d’étals étranges
De trèfles et d’accroupis
Tout s’est passé si vite
Ce bourdonnement oui
Il n’en connaîtra pas d’autre
Avant que ses yeux ne se ferment et
Que le labyrinthe ne s’ouvre
Sur des saisons toutes pareillles
Là et loin
Tout pareil

***

Tout est si clair enfin
Grand temps qu’on s’arrête
Avant la récompense qui baîlle
La rafle des reins
La poignée à contrecoeur saisie 
L’angle où nous sommes seuls
Que nul chemin n’ausculte
Ni les déplis du bestiaire
Sur le matin ancien
Les briques furtives

Les cartes où l’on voit les gelées les momies
Les barreaux rétrécis nos jambes nues et sages
Le soufflet nous levant là même
Où tout s’abouche et se désole et s’ajuste
Appareillant vers le phénix d’argile
Sa houle nous déposant près des tilleuls
Des ruées des battues des cicatrices
Qui crépitent et des émois
Empaillés de nos langues

***

Quelques-uns s’absentent
Ignorant ce qui vient
Les certitudes maquillées qui
Bandent et se tiennent mal
Les croisées prêtes à nous étouffer
Les non-nés qu’auscultent les garde-fous
Les caniveaux levant nos destinées
Nos clés cassées nos tickets de consigne
Les anges piteux sur la tôle tiède ou alors
Nos ongles enfouies dans le gravier
Crissant avide recueillant
La parole dilatée
Dressée vers les berges crues
La planète toute entière mettant
Le feu aux frissons aux révérences
Aux voix inconnues
Qui grouillent et nouent et tuent
Qui par trop s’absente

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* Plutôt que de contempler le fleuve où l’on ne se noie qu’une fois, apprends à faire tien l’acharnement de ses rives.

* La mort: mère maquerelle ennemie des noces qu’il te faudra pourtant fuir, mais pas pour assouvir sa vengeance.

* Sois celui pour qui l’acte pèse toujours moins que ses traces.

* Ne faire qu’un avec la cible, c’est à jamais l’effacer – seul moyen de l’atteindre.

* On écrit pour conjurer les génuflexions du passé, non pas pour les faire taire.

* Trop aisément croire (en ceci ou en cela, peu importe), c’est à l’avance bâtir ton sépulcre pour y nicher les consolations à venir; garde-toi-en, mais s’il te fallait un jour y venir, que ce soit au nom de ces dieux malhabiles qui n’exigent pas de toi fidélité, mais désobéissance.

* Pleinement vivre, c’est du coup comprendre que le côté du miroir où tu t’abîmes, c’est toujours l’autre.

* La clairière qui se cache et la trêve qui t’accueille sont une seule et même chose, sauf dans tes rêves.

* Le jeu est toujours plus grand que les joueurs, sauf à l’heure où ceux-ci cessent enfin d’y croire.

* Nulle promesse, pas même celle « de plus hautes joies » ne s’élèvera jusqu’à valoir la patiente jouissance de s’en défaire.

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Quelque chose mais quoi
Tout a changé
Le moisi qui fait du zèle
La fortune aux bords aveugles
Les crocs les cailloux les enclumes les grains les timbales
Les paumes affamées sous les fourches
L’odeur mouillée
Taciturne

La rouille des araignées le râle des nids
La soie mordue arrachée
Au dehors que déborde
L’obscène enterré
Au bout de soi

Le deuil de l’ombre dans les cours
Les clapotis à la charnière du soir
Les proues allongées sur tes rappels
Le soliloque qui se paie du bon temps
Les tenailles lavées les demi-vérités les palissades
Les pas dans les futaies
Les atouts jetés sur le parvis des langues
La seule ruine des gestes
Les parois que s’arrachent les charognards mis en page

Les pièges inaptes à dévaster
Les talus affranchis
La fatigue qui se hâte
Le sceptre qui te resserre à portée des vents secs
Le fardeau des pendus dans la boue que croisent
Le galbe noué scindé de l’horizon
Le marais étreignant tout uniment
Les marionnettes que l’heure déshabille et attache
Les bourgs singés docilement fuyant
Le désir repris à zéro
Les boucliers ensevelis à l’heure de tout clore
Les convives prophétisant tes restes
Les couteaux qu’ils manipulent
Les bouteilles qui t’enflamment
L’auge qui flambe et chavire
Le règne du bleu
L’étroit commencement des fins

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