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Archive for mai 2018

Faire demi-tour, avancer vers les murs qu’on soudoie
et les boussoles se détournant du jet premier,
de qui toujours fera défaut au feu qui nous abrite,
des dates, et des parages, et de l’envers
du pressentiment qui nous traverse et ignore,
du regard fourvoyé, du temps qui l’interrompt,
des clefs aveugles de l’éveil qui le cisèle et nous élude,
de l’épidémie qu’on ne sait garder pour soi-même,
danse de Saint Guy des mots, pensée du peu, vue d’en haut,
qui, révolue, latérale, se perd dans la nuit exacte.

Ô voix sans écho que l’or parcourt, et la poussière, ignorant d’où l’on vient!
Ô fumée des hasards qui, comme nous, traverse le monde, l’érode et le dissipe,
mutile bourbes et clairons, fait le tour des masques,
abat une dernière fois les cartes, gravant l’inespéré
sur leurs usages, sur leurs ravages.

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Lorsque la montée elle-même cesse de nous affûter, lorsque la vitesse elle-même cesse de nous saisir pour nous dévorer et éclairer, lorsque les dérobades elles-mêmes, froissant l’hégémonie des origines, entortillent le secret des leurs guetteurs, lorsque le bas et le haut eux-mêmes font alliance avec les termes prématurés du reniement, lorsque l’inégal des haies brouille et déplace les temps qu’on simule, l’éclipse fardée, le sens intègre des saisons, le pli où s’inscrit le refus du désastre, il y a toujours, à même soifs et faims, « quelqu’un qui vous chasse. »

Tu nous fis pleinement voir les possibles déliés et non plus mimés – le sceau d’argile asséchant le visage des choses – les évidences plus que jamais en retard sur ce qui est – le devenir reconnaissable à ses cicatrices – la parole désengourdie, ni heurt, ni empilement, ni usufruit, ni jouissance, mais hâblerie où rien n’est périmé ni dissipé, greffe indélébile sauvant le Réel des prédateurs accourus à ses trousses, « musique savante » guérissant de tous effondrements et surenchères, de tous forfaits perpétrés, de tous gestes, choix et souhaits de cet Autre qui à jamais « manque à notre désir. »

Nul gnomon qui serve de mesure à ce temps où, « pressé de trouver le lieu et la formule », tu te mis à tout différer, dilater, moduler, nous faire plonger vers l’envers qu’on sature, l’événement qui s’exhibe, la duplication nomade,  la violence de qui fera tourner le monde quand tu en seras sorti, qui, pour finir, ne tordra même pas le cou à ce que tu appelas les « apparences actuelles. »

Dire « Je est un autre », c’est conférer poids et noblesse au Tout-Autre, à ce qu’il nous appartient de devenir avant que réclusions, dispersions et creux ne nous enténèbrent.

Qu’adviennent la chute qui tout ordonne et régit, la « foi au poison », navire amiral sans cesse arraisonné, engendrement où ce qui est dû est sur le coup payé, corps épanoui en soubresauts, écriture pour la toute première fois sans double, débroussaillant la route menant au trépas de l’ordre qu’il lui fallait déchiqueter, trajet véhément ne s’accommodant d’aucune faille, cartographie de ces ruptures où rien n’est atténué, épargné ou adouci, ni la « stupeur », ni les « atroces veillées » où les délais s’effacent, où, enfin et « réellement d’outre-tombe », nous faisons corps avec tes cèlements, tes lacunes, tes éveils, tes écarts, tes effractions, dispersons le don d’avoir été, tenons comme toi hors de portée les brusques crues et manoeuvres de la fausse parole.

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Se

Quadrant de minuit, fouet dans les sables, temps désormais étroit qu’il nous faudra desserrer, puis trouer, leçon à voix basse ne se frottant aux mots que pour mieux les oublier, ultime dérision ayant perdu jusqu’à l’effroi de perdre, air déjoué flétrissant les pas divergents, restituant plumes, sels, volutes, humeurs, saccades, guettant le retour de l’ami dévoyé, avide de prodiges, impatient d’étendre au monde la dévastation qu’il porte en lui, sobrement équivoque, toujours du côté de ce que l’on tranche, non de ce qu’on endure.

Nous qui parvînmes à rêver dans une langue autre que celle de nos pères, passeurs de l’instant, enrichis de l’essaim investi, de l’étreinte déchue, de l’herbier des gueux, de l’étonnement soudain ressuscité, des retrouvailles enfin libres du devoir de preuve, nous qui de toujours sûmes que la porte est ouverte, que personne ne nous ôte cette vie que sans dérobade ni soumission l’on donne…

Apprendre à ne plus s’arrêter, à berner les présages, remplir le creux de qui les précède, s’affranchir du noeud gordien éperonnant nos mémoires, des butins de l’intrigue, de l’aurore grotesque en ses écoulements, de la rosée salie de cendres.

Ô les jours sans ornement mués en dates, combien peu on vous habite, nous qui, pour ne pas effaroucher le passé, croyons qu’aujourd’hui c’est déjà l’avenir – ô les soirs de feintes et dérives où rien ne nous fut interdit – ô les nuits exhumées qui ne se peuvent ni oublier ni assouvir, allant silencieusement de l’un à l’autre, cicatrices et contingences les gouvernant, parfois fortuitement.

Ne penser ni ne palper ce qu’on croit être le chemin que si l’on décide de débroussailler le remords de l’avoir perdu, ou la lisière qui le transperce.

L’enfance que l’on nous confia – aurait-elle autant de soutes et d’échelons qu’on voudra – jamais ne sera mise aux fers qui enclave sans fonder, mesure qui supplie et déracine, maîtrise nouée à nos disputes et issues, à l’acte d’entrevoir qui nous ébranle et nous tient à distance…

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