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Archive for avril 2020

« Feindre est le propre du poète / Il feint si complètement / qu’il en arrive à feindre qu’est douleur / la douleur qu’il ressent vraiment » (Fernando Pessoa)

Que dire du temps qui va, comblant les multitudes du dedans, celles qui, un avatar après l’autre, tu dus inlassablement rallier, car, par trop éblouies d’illusions et parodies, elles n’eurent de cesse de t’échapper?
Fausse marches, fausses portes, faux stupres sous les chapiteaux déserts, royaumes travestis, guets patients, soleils défenestrés avortant leurs tours de passe-passe, visées remises en marche, accordées à tes fins et soucis, pertes vécues debout, te réinventant à distance du secret qu’il te fallut préserver, gerbes de desseins qui toujours firent le reste, futurs qui renoncent à s’accomplir, relais de ces aubes qui ne relèvent d’aucune instance, écrous profanés coupant l’herbe sous tes pieds, faisant taire le patient linceul des signes, la violence à tiroirs, couleur muraille, le vautour attelé au délié des choses, à leurs pièges et stupeurs, aux mots de la faucheuse déracinant qui la veut, mais s’en défait, investissant tes saccades, ton présent opalin et vineux, ta « saudade », les prophéties en coulisse, avec, pas loin, l’enfance calfeutrée, toute de murmures et d’entames, où rien ne t’effraya, dont tu ne t’éloignas jamais tout à fait, pas plus que de Sébastien le roi manquant, des galions éventrées, des proues mensongères…

« Para viajar basta existir » (Fernando Pessoa)

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« Ainsi va le monde comme il a toujours été, mais tu te résignerais mieux à ce qui sera bientôt ton sort si tu ne pensais pas tellement à ce pauvre chat qui bourdonne en t’attendant près du feu, dans une chambre verrouillée où plus jamais n’entrera personne. »
(André Pieyre de Mandiargues)

Avec toi tout brûler, tout retracer, l’agrégat caché, l’offre sans recours, le désaccord taciturne, la bâtardise des présages, le plomb des formes, le double inabouti qu’on se forge, les chasses de boue et de pierre, le litige qu’aguiche le maître des signes.
Nul fléchissement qui nous soit défendu, nul partage assouvi rompant consentements et épouvantes, pas même l’attente longtemps récusée débordant dans la gangue et l’ajout, pas même le devenir, ce babil de l’enfant qui s’obstine, pas même la folie de Tout, aliénée au salut qui s’échappe, signe le pacte, scelle l’improbable, fait voler en éclats l’outil qui tâtonne, la chair piégée, rachetée que fait claquer le réel joueur que ta parole salue.
Ne se quitter qu’après cette traversée indifférente à ce qu’elle hérite, attentive à ce qu’elle recueille, terre dénouée qu’on chamboule, qu’on affranchit, fortins au loin, méprises ici, louches passages parsemés de lanternes chinoises, revirements sourds aux issues greffées sur nos leurres, décors et attributs que le masque désigne et fait mûrir sous l’oeil de l’insondable autrui qui monnaie ses silences, s’épuise dans la brûlure, nous assujettit au fluide.

« Ce que vous contemplez en ce moment ne représente absolument rien que le théâtre de l’avenir. »
(André Pieyre de Mandiargues)

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(Je me souviens de la nuit, lointaine déjà, où j’ouvris pour la première fois le grand livre de l’ivrogne stellaire, jamais refermé depuis.)

Tu m’enseignas cet Autre que l’on est, celui qui clôt sans accomplir, porte le sceau des trappes que l’on sème, ôte aux écarts leurs pesanteurs et leurs chuchotements.
Tu me fis voir que rien n’est tel qu’il se donne, pas même le pacte qui nous rattrape, la nuit perméable au mensonge, le méridien, nous fouillant, arrogant, et les soleils griffonnés, les enjambées ultimes, le sommeil mat, la fane et l’épi, les prodiges que guette le râtelier de la gueuse, les chimères sans terme ni source, le silence démoulu (ses arpents, ses lies), la prestesse des adieux qui râpent et tranchent, ce qui, pesé ici, arraché là, m’éloigna de ces chevaux légers dont je subis trop longtemps l’enchantement.
Plus rien non plus qui rattache sans abîmer, plus rien qui ne soit commerce avec les serfs du ruminement docile, dépositaire de nos fautes, cinglant l’enfance des mots qui nous oublient et nous tutoient.
Oui, le réel est art, comme tout le reste, fruit de ce qui est et qu’on ne voit pas, qui nous remet debout, nous enracine, nous devance et nous déshabite.

                              « I saw time murder me. » (Dylan Thomas)

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À toi qui me fis connaître cet autre, issu de tes rêves, qui « fut un homme qui déambula dans des rues qui me sont familières, qui sut ce que savent les hommes, qui connut le goût de la mort, qui fut ensuite un couteau, puis le souvenir d’un couteau, et qui demain ne sera plus qu’oubli, l’habituel oubli. » (Jorge Luis Borges: Juan Muraña)

C’est la mémoire que tu maudis – les mensonges différés – les voeux raccourcis – les instants statufiés – les ogres marqués par la corne – les veilles lavant le clan des morts – l’écartement des voix et des signes – les dieux disséminés au vent fléchi – les foulées t’éloignant des seuils et des fins – la moelle des temps s’achevant en défaites – les épousailles frôlées par l’événement qui nous tisse et t’érige.

« Mon récit sera fidèle à la réalité, ou du moins, au souvenir que je garde de cette réalité, ce qui revient au même » (Jorge Luis Borges)

Nommer l’infime, la lumière cousue sur l’embûche et l’ornement, le regard titubant qui nous mit en chemin, le secret dont chacun peut se saisir, les failles et les maraudes, les sources remontées jusqu’au vouloir de l’effacement, le nom amputé se mouvant souverain dans l’entaille que l’opuscule qui toujours m’accompagne couve, rend et éclaire…

Ne rien nommer, ni renier, ni encenser, ni pourfendre, tourné que je suis vers l’ourdisseur de tigres et de miroirs, et le poids de ce Rien dont le dit est l’immanence, et la traque où se déploie l’épreuve du monde, ses marges ébouriffées, ses combles offerts, les estuaires où la mort vient me piéger, me démâter, me déposer où le réel nous desserre.

« …mais aucune de ces impressions fugitives, qui peut-être furent autres, n’a d’importance. Ce qui importe c’est d’avoir senti que notre plan, dont nous avons souri plus d’une fois, existait réellement et secrètement, et que c’était l’univers tout entier et nous-mêmes. Sans grand espoir, j’ai cherché ma vie durant à retrouver la saveur de cette nuit-là; j’ai cru parfois y parvenir à travers la musique, l’amour, la mémoire incertaine, mais elle ne m’a jamais été rendue, si ce n’est un matin, en rêve. » (Jorge Luis Borges)

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Ce qui suit est le fruit d’une longue conversation que j’ai eue avec D., ami de très longue date (46 ans, pour tout dire) et biologiste de renom mondial, conversation qui porta, on s’en douterait, sur l’épidémie de coronavirus, et dont le profane que je suis s’efforcera de rendre le contenu de la manière la plus claire et la plus fidèle possible, en ajoutant à la toute fin et s’agissant du déconfinement, un certain nombre de considérations personnelles dans la ligne et en fonction de ce qui y fut dit.
Les aspects médicaux (et sanitaires au sens plus large) et les aspects politiques étant bien entendu, fortement imbriqués, je n’en dirai en préambule qu’un mot des seconds, à propos desquels notre accord s’avéra complet s’agissant des raisons qui ont conduit à la grave situation présente.
La gestion néolibérale de la santé et, singulièrement, de l’hôpital public depuis au moins 20 ans (de moins en moins de crédits, et donc de moyens, qu’il s’agisse du personnel, du matériel et du nombre de lits) et de la recherche (vision comptable, bureaucratique et utilitariste), la politique chaotique, par certains côtés proprement criminelle auquel l’aveuglement lié à l’idéologie à laquelle nos dirigeants adhèrent ne pouvait que conduire (on n’en veut pour preuve que le parti-pris, dans un premier temps, de l’immunité de masse – de surcroît non assumé, le maintien du premier tour des élections municipales, le déconfinement tardif qui s’ensuivit, le maintien injustifié en activité de pans entiers des secteurs économiques non-essentiels), trahissant par d’autres le fait incontestable que la gestion de la plus grave crise sanitaire depuis un siècle s’est trouvée entre les mains d’amateurs incapables et irresponsables, coupables d’erreurs à leur être soit directement imputables (non contrôle des militaires revenant de Chine dans l’avion s’étant posé à Beauvais, sans doute cause du premier foyer, celui de l’Oise), soit indirectement (en ne s’opposant pas, comme ils auraient pu et dû le faire, à des décisions prises au niveau local, comme celles autorisant le rassemblement évangélique de Mulhouse, la présence de 3000 supporters italiens lors du match opposant Lyon au Juventus et celle, à l’extérieur du stade, de plus de 4000 supporters du PSG tout au long du match à huis-clos opposant celui-ci au Borussia Dortmund, et bien après – décisions prises à la légère et qui ont pesé lourd dans la balance pour ce qui est de l’expansion de l’épidémie en France), de volte-face, d’incohérences et de mensonges destinés à occulter la totale impréparation de notre pays face à la pandémie (qu’il s’agisse du nombre de lits en réanimation, de masques, de tests, de ventilateurs et de médicaments essentiels dans l’accompagnement des cas graves, y compris, pour ces quatre derniers, de la gestion de la production sur notre sol tout comme des commandes passées à l’étranger), le tout nous ayant mené là où nous en sommes aujourd’hui. C’est donc en fonction de cette réalité que nous avons abordé le côté sanitaire et proprement médical de la chose.
I) Concernant le virus lui-même, D. a insisté sur le fait que ce dernier (de la famille, non pas de la grippe, mais du rhume, eh oui!) est fragile et en même temps sournois et d’une remarquable « traîtrise », ce qui fait que la somme des choses que nous savons de lui est nettement inférieure à celle des choses que nous ignorons à son propos, ce qui rend difficile à la fois les travaux portant sur les remèdes potentiellement efficaces (dont on ne disposera probablement, d’après D., que dans 5 à 7 mois minimum) que sur le vaccin (lequel ne sera à notre disposition que dans un délai compris entre 18 et 24 mois);
II) En ce qui concerne le côté saisonnier ou non, la première remarque – plutôt inquiétante – c’est que les virus de la famille du rhume ne sont pas spécialement sensibles au réchauffement. Pour de qui est du Covid 19 en particulier, si nous n’avons pas d’exemples de son comportement lors de la transition du froid à la chaleur dans les régions tempérées, l’on peut noter, en nous limitant à celles situées dans des zones équatoriales, que Singapour ou les états brésiliens de Amazonas et du Ceará sont durement touchés par le virus, en dépit des températures élevées qui y règnent tout au long de l’année. Sans que l’on puisse en tirer encore de conclusion définitive, il semblerait qu’il ne faille pas trop compter, dans un premier temps, sur une possible éclipse du virus pendant l’été, avant son probable retour à l’automne;
III) Le vaccin BCG et la nicotine ont été cités comme étant des possibles facteurs pouvant affaiblir la capacité du virus de nous infecter.
En ce qui concerne le premier, création géniale, hybride, en partie artificielle, mais à multiples usages potentiels, D. m’a dit que l’hypothèse d’un rôle positif du vaccin BCG ne paraît pas totalement farfelue, mais que les études en cours sont loin d’avoir abouti à un résultat confirmant ou infirmant cette possibilité. Même chose en ce qui concerne la nicotine (laquelle n’a pas été évoquée), bien que dans le cas de cette dernière, les informations provenant de sources variées et dignes de respect semblent confirmer l’action positive de la substance en rapport avec la contamination par le virus;
IV) Et l’on en arrive à la question (centrale s’il en est) de l’immunité, ce qui y fut dit étant assez pessimiste (et inquiétant pour qui pense que l’on vaincra l’épidémie par l’immunité collective, ce qui n’est pas notre cas, loin s’ne faut).
Il n’existe, d’après D., aucun test sérologique tout à fait fiable à l’heure actuelle, la marge d’erreur des meilleurs étant encore bien supérieure à celle nous permettant de tirer des conclusions scientifiquement utiles dans la lutte contre le virus.
Trois types de cas ont été identifiés chez les personnes guéries ou supposées telles:
a) celui des sujets n’ayant pas développé des anticorps, sans que l’on sache exactement s’il s’agit d’une guérison incomplète (hypothèse la plus probable) ou d’une bien plus inquiétante réalité. Il s’agit en tout état de cause d’un groupe restreint, une étude chinoise le plaçant, en fonction de mesures de terrain, autour de 2 à 3% des personnes apparemment guéries ;
b) celui des sujets où les anticorps sont bien présents, mais en quantité (et peut-être « qualité ») insuffisantes pour assurer l’immunité. On ne dispose d’aucune mesure fiable permettant d’en estimer la proportion, probablement plus importante statistiquement que celle du groupe a), mais dans quelles proportions?;
c) celui des sujets à qui les anticorps confèrent à coup sûr l’immunité, sans que l’on sache pendant combien de temps celle-ci les protégera-t-elle, information essentielle quel que soit le scénario privilégié pour sortir de la crise.
En toute rigueur et cohérence, on ne peut donc pas affirmer, à l’heure actuelle, même si le groupe c) apparaît comme devant être massivement prédominant, que toute personne guérie est immune, ce qui remet en question, jusqu’à ce que l’on sache plus à ce sujet, le concept même d’immunité collective. Je précise d’emblée, en préambule au chapitre consacré au déconfinement, que je considère le choix de cette immunité de groupe comme option privilégiée pour en finir avec l’épidémie comme non seulement inadéquat, mais véritablement criminel en raison de l’inacceptable prix en vie humaines qu’il implique, non seulement en tant que choix initial, mais également s’agissant de l’option « stop and go » (succession de « rebonds » et de reconfinements sur une longue période), les deux options renvoyant clairement au fait que pour ceux les ont faits, « les profits valent plus que les vies »).
L’immunité de groupe ne pouvant ni ne devant être le choix fait en vue d’éradiquer l’épidémie, il faut insister que le confinement n’a pas seulement permis de « lisser » la courbe des admissions à l’hôpital et, surtout, du nombre de lits occupés par les patients Covid 19 en réanimation, mais également de faire baisser le RO (autour de 0,7 à l’heure actuelle) – mauvaise nouvelle pour ceux qui s’appuyaient sur l’immunité collective pour éteindre la contamination, mais excellente, au contraire, pour ceux – dont je suis – qui prétendre le vaincre par des moyens infiniment moins coûteux en vies humaines.
V) Les réflexions présentées ci-dessous et concernant les nombreuses (et épineuses) interrogations concernant le déconfinement sont, elles, tout à fait personnelles et n’engagent que moi, bien qu’elles soient clairement en rapport avec la conversation qui a présidé à la rédaction de cet article, ainsi qu’à une foule d’informations antérieures et postérieures à celle-ci.
Il y a, à mon sens, un certain nombre de conditions indispensables pour réussir le déconfinement, quelle que soit la date choisie pour le faire débuter, à savoir les suivantes:
1) disposer d’un stock de masques de bonne qualité suffisant pour équiper l’ensemble de la population, ainsi que de tests PCR, salivaires et sérologiques (et de tout ce qui va avec) permettant de tester le maximum de personnes possible;
2) s’assurer que le personnel « en première ligne » (soignant ou non), tout comme l’ensemble des gens contraints de reprendre le travail disposent de l’ensemble des équipements indispensables pour que leur sécurité soit rigoureusement garantie;
3) n’envisager ledit déconfinement que si le nombre de personnes nouvellement hospitalisées est aussi proche que possible de 0, le nombre de lits en réanimation se situant lui-même autour de 2500 – 2600 maximum (je laisse volontairement de côté pour le moment le problème de la reprise « physique » des cours scolaires, ainsi que du retour à l’activité de la majorité des entreprises et des commerces des secteurs non essentiels, problèmes d’ailleurs intimement liés).
Dans la mesure où les trois conditions ci-dessus doivent être simultanément remplies à l’heure de débuter le déconfinement, il me semble évident que celui-ci doit concerner dans un premier temps les régions, départements et villes où c’est le cas, lesquels se situent logiquement là où le pourcentage de personnes infectées en sortie de confinement est le plus bas, le RO correspondant dans ce cas à une contamination à très bas bruit (0,5 ou moins), les régions plus fortement impactées ne devant suivre que lorsque les mesures tout aussi indispensables qui seront détaillées dans ce qui suit auront produit leur effet et ramené leur situation au même niveau que celui des premières déconfinées (il s’agit, dans tous les cas de figure, du strict respect des gestes barrière, de la distanciation physique, du port obligatoire des masques, non seulement dans les transports en commun de tout type, mais en toute circonstance, ainsi que de la multiplication des tests – PCR ou salivaires – visant dans un premier temps les personnes à risque et les cas symptomatiques, ainsi que leurs contacts identifiés par simple investigation personnelle, à l’exclusion du toute forme de traçage, non seulement contrevenant aux libertés publiques et au respect élémentaire de la vie privée, mais de surcroît inefficaces, comme l’exemple singapourien l’a amplement démontré, afin d’identifier les infectés et les placer en quarantaine pendant 14 jours, de préférence ailleurs qu’à leur domicile – en soulignant que le port obligatoire des masques et la multiplication des tests devraient, autant que faire se peut, être progressivement opérationnels dès avant la date choisie pour débuter le déconfinement et toucher, dans le cas des masques, tout le monde, dans le cas des tests, le plus grand nombre d’entre nous).
Soulignons aussi le fait qu’en dépit de leurs imperfections et du refus de l’immunité de groupe comme solution, les tests sérologiques n’en restent pas moins hautement intéressants afin de déterminer qui a été par le passé en contact avec le virus, ainsi que les anticorps développés.
Sans même parler du problèmes des écoles et de la reprise de l’activité économique, décontaminer sans que ces conditions soient remplies et ces mesures respectées en toute conscience et avec rigueur conduira immanquablement à une catastrophe sanitaire de grande ampleur (afflux de malades en état grave dépassant les capacités d’accueil des hôpitaux, personnel soignant débordé et soumis à une pression inhumaine, mortalité portée à des valeurs inacceptables, de l’ordre de 200000 morts au total, voire même davantage).
Sans que ce soit là le plus grave problème dans le cas où le déconfinement se faisait sur des critères ciblés géographiquement, la date du 11 mai me semble quelque peu précoce, deux ou trois semaines de confinement supplémentaire permettant d’augmenter le nombre de masques et de tests disponibles, ainsi que de multiplier le nombre de tests et de mises en quarantaine dès avant confinement; il serait donc, cela étant, souhaitable en tout état de cause que cette date soit repoussée, mais, hélas, cela ne dépend pas de nous…
La fermeture des écoles jusqu’au mois de septembre me parait aussi tout aussi indispensable pour que le déconfinement soit un succès, ce qui vient de se passer au Japon nous le montrant à l’évidence. D’un autre côté, ne reprendre progressivement les activités économiques à la même date ne semble pas très réaliste. Que faire alors? Mon seul espoir réside dans le fait que cette rentrée scolaire n’en sera pas vraiment une, à la fois en raison du grand nombre d’élèves et d’enseignants qui resteront à la maison, ainsi que des énormes problèmes (insolubles à mon sens) que posera le respect des consignes sanitaires, sans même parler des incohérences et contradictions touchant aux aspects proprement pédagogiques. Il faudra donc, dans ce cas, que ceux des parents contraints de reprendre le travail puissent, la fin du déconfinement aidant, faire garder leurs enfants par d’autres personnes en télétravail ou au chômage habitant sous le même toit ou même se déplaçant à cet effet, voire, si cela ne s’avérait pas possible, de continuer à bénéficier du chômage partiel jusqu’en septembre.
Si le non respect de l’ensemble des conditions à remplir et des mesures à scrupuleusement suivre ne peut conduire qu’au tsunami sanitaire presque immédiat que j’évoquais, le non respect d’à peine une partie d’entre elles conduirait, sauf que de manière plus étalée dans le temps, au même résultat, le « stop and go » (suite de rebonds et reconfinements partant d’une moyenne du RO proche de 0,7 au niveau national) faisant monter dans un premier temps cette valeur dans une plage comprise entre 1,5 et 1,7 (courbe des contaminations se situant entre l’exponentielle correspondant au RO de 3,4 antérieur au confinement et la linéaire correspondant à un RO égal à 1, par laquelle s’achèverait le dernier rebond, mais pas l’épidémie).
Attendons donc le plan définitif et détaillé de déconfinement promis pour le début mai, en espérant y trouver un peu plus de logique, de bon sens, de compétence et de prise en compte des réalités – sans toutefois trop y croire. Qui vivra, verra…

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