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Archive for juillet 2020

Hâtez-vous, hommes de peu serrés sur un seul rang, à vous les fastes, les présages, les croupes, les vautours, les échasses, les gravats, les abattoirs, les égouts, les désastres, les aspersions, les restes éparpillés, les éventails moisis, le vide qu’enchâsse vos reliures, les répits marqués au fer, les annales narrant vos turpitudes, les prophètes rouillés, les parvis où l’on dresse les guillotines.
À nous, dévoyés furetant dans les coins, les terrains vagues au soir, les blessures se réchauffant à tout, les cocons qu’on est seuls à atteindre, les émeutes dont la bonne heure s’arrache, les sentiers contigus au lointain, l’avenir que déchiffre la pointe mutinée des lances, ce que nous ignorons, mimons, excluons, illuminons, reprenons, les esquisses, les jalons, les tracts, les appels, les paraphes, la vague menant un jour au bord de ce « temps plus clair », que nous ne verrons pas.

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Il nous a fallu longtemps rôder, dévorer les cratères, nous perdre dans les recoins, traverser la noirceur, extorquer au grand jour aveugle les jougs et les harnais, les avanies martelées, les seuils vierges, l’épreuve achevée sans qu’on ait à grandir, l’échappée sur les traces du sorcier, les traces du soc, les bois troués, les aigles chauves levés sur le monde sans bout, les sommeils de première bourre, la traversée à peine effleurée, les décors trimbalés d’île en île, quelque rite oublié, les étraves, les antichambres, les flaques, les chameliers, les campements, les replis craints, les jours, les mois, les années glissant sur nous, priant que le siècle nous oublie.

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Il se fait tard et l’on a la gorge sèche.
Faire volte-face, alors, retrouver le pavillon de chasse caché parmi les ormes, dénuder nos épaules, nos torses, nos cuisses, délivrer nos graines et nos semences, retrouver dans les poses oubliées la pénombre où l’on rêvait des Cyclades, du varech imbibé d’abandons, des voix de sel et de leurs saccages, de la caverne aux oeillades patientes, du passé avec ses fables et ses enluminures, des inscriptions pas à pas gravées sur la paroi murmurante, nouées à la roue entrevue, au couteau de pierre venu nous accomplir pour que plus rien ne nous hante, ne nous échappe.

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Rien n’eut lieu comme prévu.
Rien, puisque nous rêvons toujours sans vous; pourquoi alors tout suspendre, tout mépriser, tout emporter, dans quelle direction, pour combien de temps, pour qui, de quel poids?
D’un horizon l’autre, tout s’éteint, l’oeil si proche qu’on l’oublie, le temps sourd tremblant de ce qu’il voit, le revirement mis sous le boisseau, les futaies où l’on déploie nos mascarades, la pierre descellée pour y délivrer la vieille taupe, l’instance ultime qu’on expie, l’enclos aux feuilles d’acanthe où l’on vend de tout, des livres, des pèlerinages, la voix qui rampe et se tord, les déchiffreurs tout entier rendus à ce qui vient la combler.
Au réveil (car ça a son importance), il est toujours midi.

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On file, on croise, on s’aveugle, on énumère, on engloutit, on se repent, on gronde, on s’offre, on dépouille, on ricane, on allume, on s’abandonne, on rouille, on cherche, on s’en déprend.
Personne pour nous aider – alors, à tout prendre, cracher sur les trappes, les mensonges, les mises aux fers, les trocs, les souvenirs, les faunes, les écailles, les poursuites, les lambeaux tatoués, l’âge d’or des fleuves, les alphabets ni sains, ni libres, la lumière autre, l’obscur sans buts ni suites – rien qui sache lever les tout derniers obstacles.
Car – ne l’oublions jamais – « il y a enfin, quand l’on a faim et soif, quelqu’un qui vous chasse. »

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