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Archive for the ‘élucubrations’ Category

 

marche, boit, nage, +®crit, mange, respire, se coul (2)

Plus rien ne t’appartient, pas même le règne des morts. La brume qui monte des eaux te prend les yeux ouverts. Tiens seront désormais l’oubli avare, les souffles et les cailloux, l’ombrage qui t’aveugle, les rires anciens, les voix qui déjà sonnent faux, les heures qui commandent toutes choses tues, ou à venir – jusqu’aux mensonges qui les gouvernent et te ballottent.

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mk 30

Les nôtres arrivent de partout, tout à la joie des retrouvailles.

Les accolades sont fermes, les poings levés sans trembler crient victoire.

Ceux d’en face sont prêts, doigt sur la gâchette, la haine en bandoulière, guettant.

Dans la vallée, le vacarme nôtre fait silence, puis reprend de plus belle, chant tendu vers les temps clairs qu’ils ne verront pas.

Car ils ne savent pas (moi si) qu’ils mourront tous, regards tournés vers l’aval inabouti d’où vient la sombre délivrance.

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cm 6

Des morts ne restent que les choses qui furent leur lot: l’héritage qui dissimule, la nuit qui étouffe, le rivage qu’ils embarrassent / les débuts hors de portée, les berceaux vides, l’endroit qui les tient comme s’il savait / la clairière que perpétue la rouille du temps / les jeux comme à l’accoutumée / rien qui se puisse dire, comme la vieillesse, cette chose que l’on comprend, mais qu’on ne lit qu’entre les lignes…

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j8

« Quand les hommes vivront d’amour / Il n’y aura plus de misère / Les soldats seront troubadours / Mais nous, nous serons morts mon frère » (Félix Leclerc)

Je pense aux lieux que je hante, à ce pays plus que jamais mien qui quelque part ne l’est plus, peut-être parce qu’aucun ne saurait l’être, hormis « that further country » dont parle un écrivain américain qui en connaît un rayon là-dessus.

Le monde d’en haut est ignoble, heureusement qu’il y a les camarades des campements, la foi partagée  en ce monde qu’on rêve de bâtir, mais comment oublier celleux qu’on rencontre parfois dans les bureaux et réunions, les fausses pétroleuses, les barbichus qui n’inventent rien, mais connaissent le manuel par coeur, les durs pas si purs que ça, les qui veulent casser plein d’oeufs pour réussir l’omelette, et là, du coup, mes doutes reviennent…

Dans deux mois (et quelques jours qui comptent double), sonnera l’heure du retour. En dépit de la pandémie qui rôde, que je suis pas à pas et qui m’effraie, Paris commence à me manquer, et les ami.e.s (une plus que les autres), les ballades sans fin ni but au gré des envies et des saisons auxquelles la ville me convie, les virées dans les galeries et les musées à la recherche du trouble et de l’impur et de leurs beaux dommages, de l’aveu qu’enchâsse la boîte à secrets où le créé cache le malaise sans remède que rien ne saurait combler, mais aussi le dégoût d’imaginer perchés sur le trône républicain, ou Macron rebelote et dix de der, ou les fachos, ou dame Pécresse, ou encore l’ambigu délice des soirées littéraires où (en vertu d’un choix ancien désormais vide de sens, mais que je n’arrive pas plus à regretter qu’à assumer pleinement) j’incarne, bien malgré moi et peut-être sans qu’iels s’en rendent comptent, cet écrivant de l’ombre sur le sort duquel se pencha magnifiquement mon cher Bolaño: « Ceux qu’il voit, ce sont les écrivains de Paris. Pas aussi souvent qu’il l’aurait dans le fond désiré, mais il les voit, et de temps en temps parle avec eux, et eux savent (généralement de manière vague) qui il est, il y en a même qui ont lu deux ou trois de ses poèmes en prose. Sa présence, sa fragilité, son épouvantable souveraineté servent à certains de stimulant et de rappel. » Pas sûr que j’accepte encore ce rôle, pas sûr qu’iels veuillent m’en donner un autre. Alors…  

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mask 1

Tout est retard élargissant le côté AUTRE, hasard qui t’appelle au loin, clef qui de toujours t’échappe, perte que te cache la fumée vers laquelle les choses roulent et les heures englouties, longues à effacer, à n’attendre personne, à fixer la fenêtre obscure où s’oublie le jeu qui tout raccommode, le souvenir du geste qui seul t’appartint…

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